Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a condamné, lundi 18 janvier, au nom de l’UE, l’arrestation, la veille, de l'opposant politique russe Alexeï Navalny et a appelé à sa libération immédiate.
Arrêté à sa descente d’avion à Moscou, le 17 janvier, après plusieurs mois de soins en Allemagne à la suite d’une tentative d’assassinat par empoisonnement (EUROPE 12573/4), M. Navalny a été placé en détention provisoire le 18 janvier, et ce jusqu’au 15 février, pour avoir violé les conditions d'une condamnation de prison avec sursis écopée en 2014.
« La politisation du système judiciaire est inacceptable et les droits de M. Navalny doivent être respectés », a souligné le Haut Représentant dans une déclaration au nom des Vingt-sept. Il a également demandé aux autorités russes de libérer sans délai les journalistes et les citoyens détenus en raison de leurs reportages et de leur soutien à M. Navalny à l’occasion de son retour en Russie.
« Cette détention confirme une tendance négative continue à la réduction de l'espace pour l'opposition, la société civile et les voix indépendantes dans la Fédération de Russie », a dénoncé M. Borrell.
Quelques minutes seulement après l’arrestation de M. Navalny, de nombreux dirigeants européens ont demandé sa libération. Si pour le président du Conseil européen, Charles Michel, la détention de M. Navalny est « inacceptable », pour le président du Parlement européen, David Sassoli, c'est « une offense à la communauté internationale, à l'Europe qui a contribué à lui sauver la vie ».
Alors que la déclaration au nom des Vingt-sept se contente de prévenir que l’UE suivrait de près l’évolution de la situation et continuerait d’en tenir compte dans l’élaboration de sa politique à l’égard de la Russie, dans un communiqué commun, les ministres des Affaires étrangères des trois pays baltes ont estimé que, si M. Navalny n’était pas libéré, les Européens devraient envisager l'imposition de mesures restrictives.
« Nous appelons l'UE à renforcer les sanctions appliquées aux fonctionnaires russes impliqués dans l'empoisonnement de M. Navalny et à en élargir la portée » (EUROPE 12582/9), ont aussi souligné le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, David McAllister (PPE, allemand), et le rapporteur du PE sur la Russie, Andrius Kubilius (PPE, lituanien), rappelant que l’UE avait désormais un régime de sanctions pour les violations des droits de l'homme (EUROPE 12617/2). Fin novembre, devant le Parlement, M. Navalny avait lui-même appelé l’Union à sanctionner des oligarques proches du président Poutine (EUROPE 12611/5).
L’arrestation de M. Navalny pourrait faire l’objet d’une discussion entre les dirigeants européens à l’occasion de leur visioconférence du jeudi 21 janvier. En attendant, ce sont les députés européens qui se saisiront du sujet ce mardi, lors d'un débat en session plénière avec le Haut Représentant, qui sera suivi par l'adoption d'une résolution le 21 janvier. (Camille-Cerise Gessant)