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Bulletin Quotidien Europe N° 12611
ACTION EXTÉRIEURE / Russie

L’opposition russe demande à l’UE de sanctionner l’oligarchie 

Plusieurs membres de l’opposition russe, dont Alexeï Navalny, ont plaidé, vendredi 27 novembre, pour que l’UE prenne des mesures contre les oligarques russes qui continuent de venir dépenser leur argent, issu de la corruption, selon eux, dans l’UE.

Pour le responsable politique Ilya Yashin, des sanctions ciblées contre le président russe, Vladimir Poutine, et ses alliés seraient bien plus douloureuses que les sanctions économiques imposées à la Russie, qui touchent toute la population et sont utilisées par les autorités pour diffuser de la propagande. « Cela fait le jeu des autorités, mais des sanctions personnelles et ciblées peuvent perturber l’élite du Kremlin et la fragmenter », a-t-il expliqué.

Prenant en exemple son propre cas, Alexeï Navalny a estimé que l’approche des Européens de sanctionner les personnes qui, d’un point de vue technique, avaient fait de mauvaises actions et qui, en général, ne voyagent pas beaucoup et n'ont pas de comptes en Europe, n’avait « aucun sens ». Il a lui aussi estimé que l’UE devait cibler l’argent et les oligarques russes, dont le nouveau cercle des ministres de Poutine, et adopter des sanctions à leur encontre.

Pour le responsable politique Vladimir Milov et le président de la Fondation Boris Nemtsov, Vladimir Kara-Murza, l'UE joue un double jeu en laissant ces oligarques investir en Europe. « Il faut arrêter d’encourager cette exportation de l’argent de la corruption volé aux Russes », a expliqué le premier, alors que, pour le second, il faut mettre fin à cette « hypocrisie ». Selon M. Kara-Murza, ces oligarques « sapent la démocratie et l’État de droit et sont autorisés à venir profiter des mêmes normes (en Europe) qu’ils foulent au pied (en Russie) ».

Mettre en place une nouvelle stratégie

M. Navalny a aussi estimé que les responsables ou juges russes qui ne respectent pas les décisions de la Cour européenne des Droits de l’homme, reconnue par la Russie, ne devraient pas être autorisés à voyager en Europe.

Au-delà des sanctions, M. Navalny a appelé l’UE à mettre en place une nouvelle stratégie envers la Russie. « La base de cette nouvelle approche devrait être de diviser les citoyens russes, qui doivent être accueillis chaleureusement par l’UE, et l’État russe, qui doit être traité comme une bande de criminels élus pour occuper le pouvoir », a-t-il expliqué. Même son de cloche chez Vladimir Kara-Murza, qui a expliqué que, d’un côté, l’UE devait prendre une position de principe sur la politique de M. Poutine, y compris des sanctions ciblées, mais, de l’autre, elle devait s’engager dans un dialogue direct avec le peuple et la société civile russes, notamment pour préparer le changement démocratique en Russie, qui arrivera un jour ou l’autre.

« Le plus grand risque est que, parfois, les responsables politiques européens pensent pouvoir échanger leurs valeurs contre des avantages économiques », comme des contrats énergétiques, a regretté M. Yashin, ajoutant que toute relation avec la Russie devrait s’appuyer sur les valeurs fondamentales et les valeurs humanistes de l’UE.

Et alors que les élections législatives auront lieu au plus tard en septembre 2021, M. Navalny a demandé aux responsables européens de traiter ces élections « de manière très simple ». « Si tout le monde peut participer à l’élection, on continue la discussion, sinon le résultat des élections ne devrait pas être reconnu », a-t-il expliqué. L’opposition a plusieurs fois été empêchée de participer à des scrutins dans le pays. « À l’heure actuelle, selon l'organisation Mémorial, qui utilise la définition restrictive du Conseil de l’Europe, il y a 328 prisonniers politiques en Russie », a dénoncé M. Kara-Murza. (Camille-Cerise Gessant)

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