Membre du groupe ‘Diversité Europe’ du Comité économique et social européen (CESE), l’Irlandais Cillian Lohan a été désigné, le 28 octobre, vice-président du Comité chargé de la communication. Élu pour un mandat de deux ans et demi, ce défenseur de l’économie circulaire et PDG de l’ONG Green Economy Foundation compte bien renforcer la collaboration du comité avec les institutions de l’Union européenne.
« Je pense que nous pouvons améliorer la connexion du CESE avec les institutions de l'UE, en particulier le Parlement et le Conseil », a-t-il ainsi confié à EUROPE, vendredi 27 novembre, tout en se disant en revanche satisfait des liens du Comité avec la société civile.
Sa priorité sera ainsi de communiquer plus efficacement sur les rapports du CESE, en particulier auprès du Conseil, mais surtout du Parlement, afin d’accroître l’influence de cette institution sur le processus législatif.
« Nous avons une bonne connexion avec la Commission, car chaque fois que nous produisons un de nos rapports, la Commission rédige une réponse détaillée à nos propositions. Ce que nous pouvons améliorer sur le plan institutionnel, c'est surtout notre connexion avec le Parlement », a-t-il ainsi estimé.
M. Lohan tire notamment ses conclusions de son expérience personnelle : « Au cours de mon premier mandat, j'ai été rapporteur pour environ 13 avis différents. Pour chacun d'entre eux, je me suis efforcé d'aller voir le Parlement, les commissions parlementaires pertinentes, mais aussi les groupes de travail du Conseil, et j'ai constaté un impact vraiment positif. Certaines de mes propositions ont été mentionnées dans des conclusions du Conseil et certains eurodéputés m’ont exprimé leur souhait de reprendre certaines de mes propositions. Je sais donc que cela fonctionne, mais je pense qu'en tant qu'institution, nous pouvons faire mieux ».
Et d’ajouter : « Je souhaiterais que tous nos membres aillent à la rencontre des rapporteurs du Parlement, des rapporteurs fictifs, des groupes de travail du Conseil, et que cela se fasse de manière plus formelle ».
Plateforme européenne des acteurs de l'économie circulaire
Très engagé en faveur de l’environnement et, en particulier, de l’économie circulaire, M. Lohan s’est en revanche dit très satisfait du travail fourni par la ‘Plateforme européenne des acteurs de l'économie circulaire’ qu’il a contribué à mettre en place.
Lancée en mars 2017 à l'initiative de la Commission et du CESE, cette plateforme a pour objectif de faciliter l'échange d'idées entre des acteurs actifs dans le domaine de l'économie circulaire en Europe, tout en constituant une banque de données d’informations afin d’aider au développement de l’économie circulaire.
Pour l'Irlandais, cette plateforme permet notamment d’aider les autorités locales à rédiger leur feuille de route vers une économie circulaire. Et de souligner : « Même le maire de New York m'a dit qu'ils utilisent la Plateforme comme une source d'information et de connaissances sur l'économie circulaire, mais aussi comme un modèle pour concevoir une structure qui garantit l'engagement des parties prenantes ».
Concernant le nouveau ‘Plan d'action pour l'économie circulaire’ présenté le 11 mars dernier par la Commission (EUROPE 12444/1), M. Lohan l’a qualifié de « très bon », même s’il aurait préféré voir les mesures prévues dans cette stratégie déjà figurer dans le plan précédent.
Selon lui, l’UE devrait néanmoins aller plus loin en matière d’écoconception, ainsi que dans l’éducation et la formation formelle des entreprises et des consommateurs à l’économie circulaire.
« Il faut absolument éviter que l’économie circulaire se réduise au recyclage, ce qui était un peu le cas avec le premier plan d’action, car le recyclage actuel est un procédé qui entraîne toujours des déchets et des pertes d’énergie. En outre, cela peut conduire des citoyens à consommer encore davantage, avec l’idée fausse que le recyclage est une solution optimale. En réalité, l'économie circulaire signifie la fin du recyclage tel que nous le connaissons », nous a-t-il ainsi expliqué. (Damien Genicot)