Les émissions de gaz à effet de serre (GES) des installations couvertes par le système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’Union européenne sont passées de 1 682 mégatonnes d’équivalent CO2 (Mt CO2e) en 2018 à 1 530 Mt CO2e en 2019, soit une réduction de 9,1%, indique une analyse de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) publiée lundi 14 décembre.
Cette baisse, la plus importante en dix ans, provient en particulier d’une forte diminution de l’utilisation du charbon pour la production d’électricité. Avec l’augmentation du prix du CO2 qui rend le recours au charbon plus cher, on observe un développement des énergies renouvelables ainsi qu’un passage du charbon au gaz naturel dans de nombreux pays, notamment en Allemagne, en Pologne et en Espagne, souligne l’AEE.
Selon l’analyse, rien qu’entre 2018 et 2019, les émissions des installations de combustion – qui sont responsables de 60% des émissions de GES couvertes par l’ETS – ont ainsi diminué de 12,9%.
Les émissions provenant de ces installations ont néanmoins augmenté dans cinq États membres : en Autriche, à Malte, au Luxembourg, ainsi qu’en Belgique et en Croatie, les deux seuls pays de l’UE où la quantité d’électricité produite à partir du charbon a augmenté.
Les émissions de l’aviation couvertes par l’ETS ont, elles aussi, continué à progresser (+1%), s’élevant à 68,2 Mt CO2e en 2019, à la suite de l’augmentation de la demande de transport aérien.
Sur base des projections des États membres, les émissions couvertes par l’ETS devraient diminuer de 33 à 40% d’ici 2030 par rapport à 2005, estime en outre l’AEE. L’objectif de l’UE d’une baisse de 43% ne serait donc pas atteint.
Toutefois, ces projections ne tiennent pas compte de certaines des mesures récemment prévues, de la réduction déjà réalisée en 2019 ou de l’impact de la pandémie de Covid-19 en 2020, précise ensuite l’Agence.
Voir l’analyse : https://bit.ly/3njUwj0 (Damien Genicot)