Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) estime, dans un document de travail du 7 décembre obtenu par EUROPE, que l’opération EUNAVFORMed Irini devrait être prolongée de deux ans, soit jusqu’au 31 mars 2023, et qu’elle devrait être pourvue de deux objectifs supplémentaires.
Dans ce document, qui sera discuté ce 15 décembre par les ambassadeurs des États membres auprès du Comité politique et de sécurité, le SEAE explique que la prolongation du mandat de plus d’un an « enverrait un signal fort quant à la volonté de l'UE de rester engagée dans le soutien au processus de Berlin et des garde-côtes et de la marine libyens » et « permettrait une meilleure efficacité en ce qui concerne la génération de forces, de moyens et de personnel navals rares ».
Le service diplomatique souhaite aussi inclure deux objectifs stratégiques dans le mandat de l’opération. Le premier est le soutien au processus de Berlin par la mise en œuvre de l'embargo sur les armes et des mesures visant à empêcher l'exportation illicite de pétrole en provenance de Libye. La contribution au processus global intégré de renforcement des capacités de l'UE en Libye en soutenant les gardes-côtes et la marine libyens dans le développement de leurs tâches et responsabilités est le second objectif.
Le SEAE estime aussi qu’il reste des défis à relever pour que le potentiel de l'opération soit pleinement exploité dans un avenir proche. Parmi ces défis : la désignation d’au moins deux ports de détournement pour la mise en œuvre du respect de l’embargo sur les armes. Actuellement, l’opération n’a qu’un seul port de détournement : Marseille en France.
Le service diplomatique rappelle aussi que les États membres doivent veiller à la constitution des forces nécessaires en termes de moyens et de personnel et à ce que le renseignement exploitable soit suffisant pour maintenir la pleine capacité opérationnelle.
Il estime également qu’une stratégie d'information et de communication devrait être développée dans les plus brefs délais « afin de lutter contre la désinformation et les perceptions négatives de l'opération ». Enfin, selon le SEAE, l’UE et ses États membres devraient renforcer et compléter les actions d’Irini par le recours « continu et ciblé » à des sanctions contre les personnes et entreprises impliquées dans la violation de l'embargo sur les armes.
Le SEAE explique également que les derniers développements sur le terrain offrent l'occasion d'envisager une éventuelle stratégie de transition ou de sortie, si « les conditions politiques et de sécurité sont si difficiles que l'opération n'est pas en mesure de fonctionner efficacement et/ou si la menace pour la sécurité de son personnel est inacceptable ou si l'état final souhaité a été atteint ». Pour lui, la mission pourrait être transférée aux autorités libyennes, à une tierce partie, telle que l’ONU ou l’Union africaine, ou encore à un autre instrument de l’UE. La solution pourrait aussi être mixte. (Camille-Cerise Gessant)