L’Iran a convoqué, dimanche 13 décembre, l’ambassadeur allemand, dont le pays assume la Présidence tournante du Conseil de l’UE, et l’ambassadeur français, après les condamnations des Européens concernant l’exécution du journaliste iranien Rouhollah Zam.
Ce dernier avait été reconnu coupable d'avoir joué un rôle dans la vague de contestation qui a touché des dizaines de villes iraniennes entre le 28 décembre 2017 et le 3 janvier 2018.
La veille, le porte-parole du Service européen pour l'action extérieure avait condamné cette exécution par pendaison « avec la plus grande fermeté ».
Rappelant l’opposition de l’UE au recours à la peine capitale en toutes circonstances, le porte-parole a souligné qu’il était également « impératif » que les autorités iraniennes respectent le droit à une procédure régulière des personnes accusées et cessent de recourir à des aveux télévisés pour établir et promouvoir leur culpabilité.
L’UE a appelé le pays à s'abstenir de toute nouvelle exécution et à mener une politique cohérente en vue de l'abolition de la peine de mort.
En représailles de l’exécution de M. Zam, la France, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie ont annulé la participation de leurs ambassadeurs au Business Forum EU-Iran, prévu des 14 au 16 décembre, en ligne, et le SEAE a demandé à ce que la vidéo préenregistrée du Haut Représentant de l’UE ne soit pas diffusée. Le Forum a finalement été reporté. (Camille-Cerise Gessant)