Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a détaillé sa vision de la politique spatiale, notamment son projet d’initiative pour une constellation de satellites pour la connectivité, lors de son intervention à la Semaine de l’espace ('Space Week'), mardi 8 décembre.
Le commissaire a ainsi insisté une nouvelle fois sur l’importance de créer une nouvelle initiative, un nouveau programme européen lié à la connectivité sécurisée, citant les initiatives d'outre-Atlantique comme Starlink, OneWeb ou encore Kuiper, dont aucune n'est européenne.
Ce pourrait être une constellation en orbite basse qui permettrait à l’intégralité du territoire européen de bénéficier d'une connectivité à haut débit en direct de l'espace, en complément d'autres technologies (fibre et 5G), a-t-il imaginé.
Selon lui, cette initiative projetterait également l'Europe dans le domaine du cryptage quantique, certainement la plus importante percée technologique à venir, selon lui. Pour le commissaire, il est temps d’agir : l’Europe se trouve dans une situation similaire à celle du lancement de Galileo il y a 20 ans. Il a ainsi expliqué qu’il travaillait à définir une architecture pour le projet qui se situe à l’intersection du secteur numérique et de l’espace, deux écosystèmes ciblés par la Commission.
D’une manière générale, le commissaire s’est félicité du budget agréé pour la politique spatiale européenne pour les sept années à venir (13,2 milliards d’euros, un budget en deçà des attentes du PE et de l’Agence spatiale européenne - EUROPE 12533/6) et du règlement sur le programme spatial de l’UE (les négociations devraient reprendre sous peu – EUROPE 12596/9).
Selon le commissaire, ce budget permettra tout d’abord de maintenir à flot les deux programmes phares européens, que sont Galileo et Copernicus. Il a annoncé à ce titre vouloir accélérer le déploiement de la prochaine génération de satellites de Galileo.
Par ailleurs, M. Breton a martelé la nécessité de placer l’Europe à l’avant-garde de la définition des normes pour la gestion du trafic spatial. Il a rappelé en ce sens l’importance du programme de surveillance de l’espace et de suivi des objets en orbite (SST).
Par ailleurs, il a plaidé pour faire émerger un « new space » européen, grâce notamment à l’initiative Cassini (EUROPE 12443/7) prévue dans la stratégie PME, couplée à une aide d’un milliard d’euros en lien avec le soutien d’Horizon Europe et d’InvestEU. Objectif : augmenter les fonds de capital-risque.
Enfin, le commissaire a insisté sur la nécessité de préserver une autonomie d’accès à l’espace pour l’Europe et a rappelé le rôle clé des lanceurs à venir Ariane 6 et Vega C, dont le développement a pris du retard en raison, notamment, de la pandémie.
Pour consulter le résumé de sa vision : https://bit.ly/3qCz7nv (Pascal Hansens)