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Bulletin Quotidien Europe N° 12619
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, alerte le PNUE

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) ont poursuivi leur hausse pour la troisième année consécutive en 2019, plaçant le monde sur la voie d’un réchauffement supérieur à 3°C au cours de ce siècle, un niveau bien au-delà des objectifs de l’Accord de Paris, qui consistent à limiter le réchauffement planétaire en deçà de 2°C et à viser 1,5°C, indique un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publié mercredi 9 décembre.

Selon ce document, les émissions en 2019 ont ainsi atteint le chiffre record de 52,4 gigatonnes d’équivalent CO2 hors émissions dues au changement d’affectation des terres et de 59,1 Gt éq-CO2 en incluant ces dernières. Cette progression est en particulier due aux émissions de CO2 issues des énergies fossiles qui se sont élevées à 38 Gt en 2019, un niveau record.

Disparités entre les pays

La Chine reste largement le plus grand émetteur, suivi des États-Unis, de l’Union européenne (Royaume-Uni compris), de l’Inde, de la Russie et du Japon. Au cours des dix dernières années, ces puissances ont été, avec le transport international, responsables de 65% des émissions mondiales de GES, souligne le PNUE.

Néanmoins, ce classement change radicalement lorsque l’on regarde les émissions par habitant. Dans ce cas, ce sont les États-Unis qui occupent la première place, suivis de la Russie, du Japon, de la Chine et de l’UE.

Alors que les émissions semblent diminuer dans les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elles augmentent dans les pays non membres qui connaissent une forte croissance de leur consommation énergétique pour répondre aux besoins de développement, note en outre le PNUE.

Impact limité de la Covid

Si le rapport prévoit une diminution des émissions de CO2 à hauteur de 7% en 2020 en raison de l’impact de la Covid-19 sur l’activité économique, une telle évolution correspondrait uniquement à une baisse de température de 0,01°C d’ici 2050, prévient le PNUE.

En revanche, une reprise économique post-Covid utilisée pour favoriser une forte décarbonation pourrait mener à une réduction des émissions de l’ordre de 15 Gt éq-CO2 (un peu plus de 25%) d’ici à 2030 par rapport aux profils d’évolution actuels pré-Covid.

Le PNUE rappelle en outre que le respect des engagements pris par les gouvernements dans le cadre de l’Accord de Paris (appelés Contributions déterminées au niveau national – CDN) conduirait à une augmentation de 3,2°C des températures mondiales d’ici 2100.

Les ambitions exprimées dans les CDN devraient ainsi être environ triplées pour atteindre la trajectoire d’un réchauffement des températures mondiales à 2°C et être multipliées par au moins cinq pour atteindre la trajectoire de 1,5°C.

Enfin, le PNUE estime que l’année 2020 sera probablement la plus chaude jamais enregistrée, avec une intensification des incendies, des sécheresses, des tempêtes et de la fonte des glaciers.

Pour accéder au rapport : https://bit.ly/39WQF7M (Damien Genicot)

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