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Bulletin Quotidien Europe N° 12612
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Avenir de l’Alliance, Russie, Chine et Afghanistan au menu de la réunion ministérielle des Affaires étrangères

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN se retrouveront par visioconférence, mardi 1er et mercredi 2 décembre, pour discuter de l’avenir de l’Alliance, du renforcement militaire de la Russie, de la montée en puissance de la Chine et de la mission des Alliés en Afghanistan.

Les ministres seront informés des conclusions du groupe d'experts de l'Alliance sur l’OTAN à l’horizon 2030 (EUROPE 12501/20). Le secrétaire général, Jens Stoltenberg, continuera ensuite à consulter la société civile, les jeunes dirigeants, les parlementaires, le secteur privé et les Alliés avant de présenter, lors du sommet de l’OTAN en 2021, ses recommandations aux dirigeants des États alliés. Si l’Alliance doit rester forte sur le plan militaire, M. Stoltenberg souhaite qu’elle renforce son axe politique.

La réunion portera aussi sur la question du renforcement militaire de la Russie, que ce soit la modernisation de son arsenal nucléaire et la mise en service de nouveaux missiles ou encore sa présence militaire dans le voisinage de l’Alliance. Selon M. Stoltenberg, les ministres discuteront de ce qui devrait être fait de plus pour répondre à l'activité militaire croissante de Moscou et pour maintenir le régime de contrôle des armements, y compris la limitation des ogives nucléaires, alors que le nouveau traité Start expire en février 2021.

Les Alliés seront rejoints par leurs homologues géorgien et ukrainien, lors d’une session séparée, pour aborder la situation sécuritaire dans la région de la mer Noire et celle du soutien de l’OTAN aux deux pays.

Les ministres se pencheront aussi sur la montée en puissance de la Chine, en présence de représentants de la région Asie-Pacifique – Australie, Japon, Nouvelle-Zélande et Corée du Sud -, de la Finlande, de la Suède et du Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell. « Nous devons nous engager avec la Chine sur des questions telles que la maîtrise des armements et le changement climatique », a expliqué M. Stoltenberg, tout en rappelant que la Chine était également une source de préoccupation : elle investit massivement dans de nouvelles armes, dans des infrastructures « de l’Arctique à l’Afrique » et ne partage pas les valeurs des Alliés. L’ambassadrice américaine auprès de l’OTAN, Kay Bailey Hutchison, a également mis en avant le domaine de l’espace et la 'Nouvelle route de la soie chinoise' (Belt and Road initiative).

« Nous devrions donc continuer à nous consulter étroitement et à coopérer lorsque c'est possible, pour renforcer la résilience de nos sociétés et protéger les valeurs et les normes que nous partageons », a plaidé le secrétaire général.

Enfin, les ministres discuteront de la présence de l’Alliance en Afghanistan, alors que des négociations intra-afghanes sont en cours. « Dans le cadre du processus de paix, nous avons adapté notre présence », a expliqué M. Stoltenberg. Et alors que les États-Unis ont décidé de réduire leurs effectifs sur place, la mission de formation de l'OTAN se poursuit avec plus de la moitié des forces des Alliés européens et des pays partenaires, a-t-il indiqué.

« Personne ne veut rester en Afghanistan plus longtemps que nécessaire. Dans les mois à venir, nous continuerons à évaluer notre présence en fonction des conditions sur le terrain », a expliqué M. Stoltenberg, estimant que l'OTAN était face à un dilemme. Les Alliés vont devoir décider, dans les prochains mois, s’ils quittent le pays, avec le risque que celui-ci devienne un refuge pour les terroristes, ou s’ils restent, avec cette fois un risque de regain de violence.

« Quelle que soit la voie que nous choisirons, il est important que nous le fassions ensemble, de manière coordonnée et délibérée », a rappelé M. Stoltenberg.

L’accord passé entre les États-Unis et les talibans contient une clause selon laquelle toutes les troupes étrangères devront quitter le pays d’ici mai prochain (EUROPE 12437/9). (Camille-Cerise Gessant)

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