Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a officiellement lancé, lundi 8 juin, sa réflexion sur l’OTAN à l’horizon de 2030, avec pour objectif d’adapter l’Alliance à un monde qui change.
« Ma vision pour l'OTAN en 2030 ne consiste pas à réinventer l'OTAN. Il s'agit de rendre notre Alliance encore plus forte », a-t-il décrit lors d’un événement organisé par le German Marshall Fund et l’Atlantic Council.
Pour ce faire, M. Stoltenberg mise sur trois axes : « rester forts militairement, être plus unis politiquement et adopter une approche plus large au niveau mondial ».
Le secrétaire général a donc, tout d’abord, rappelé que les Alliés devaient continuer à investir dans leurs forces armées et dans des capacités militaires modernes.
« Mais la force militaire n'est qu'une partie de la réponse. Nous devons également utiliser l'OTAN de manière plus politique », a-t-il prévenu. Il s'agit, selon lui, de mettre sur la table des Alliés toutes les questions qui touchent à leur sécurité, afin de forger un consensus plus solide plus tôt et de manière plus systématique. M. Stoltenberg a expliqué qu'utiliser l’Alliance d’un point de vue plus politique signifiait utiliser un éventail plus large d’outils, militaires et non militaires, économiques et diplomatiques.
« L'OTAN n'est peut-être pas toujours en première ligne pour agir. Mais elle doit toujours être le forum d'une discussion franche et d'une véritable consultation », a estimé le secrétaire général. Rappelant que l’OTAN était le seul endroit réunissant Européens et Nord-américains au quotidien, il a expliqué que l'Alliance, qui possédait déjà les structures et institutions nécessaires, avait besoin de volonté politique pour être utilisée.
Enfin, le secrétaire général a souligné que, dans un monde « où la concurrence est plus grande, où nous voyons la Chine se rapprocher de nous, de l'Arctique au cyberespace, l'OTAN a besoin d'une approche plus globale ».
Et cela passe par un réseau de partenaires mondiaux, selon M. Stoltenberg, qui a cité l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud. L'objectif est donc de travailler encore plus étroitement avec des pays partageant les mêmes idées, afin « de défendre les règles et les institutions mondiales, d’établir des normes et des standards sur l'espace et le cyberespace, les nouvelles technologies et la maîtrise des armements au niveau mondial et de défendre un monde fondé sur la liberté et la démocratie ».
Interrogé sur la Chine, M. Stoltenberg a expliqué que son Alliance ne voyait pas la Chine comme un « nouvel ennemi », mais que son essor changeait l’équilibre des pouvoirs. (Camille-Cerise Gessant)