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Bulletin Quotidien Europe N° 12501
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / Bce

Christine Lagarde justifie l'efficacité et le caractère proportionné de l'opération PEPP

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a tenté de justifier, lundi 8 juin, le bien-fondé de l'opération PEPP de rachat massif de titres essentiellement publics, ainsi que la récente extension de l'ampleur et de la durée de cette opération (EUROPE 12499/1), lancée mi-mars en réponse à la pandémie de Covid-19.

« Des circonstances extraordinaires requièrent des mesures extraordinaires. L'opération PEPP est assurément une mesure extraordinaire. Elle est temporaire, ciblée, proportionnée », a déclaré Mme Lagarde, lors d'un dialogue monétaire avec la commission compétente du Parlement européen.

Contrairement aux questions de plusieurs députés, elle a évité de faire explicitement référence à l'arrêt de la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, qui remet en cause le caractère proportionné du Quantitative Easing, une opération similaire, mais aux modalités moins flexibles encore que l'opération PEPP lancée en 2015 (EUROPE 12480/17).

Markus Ferber (PPE, allemand) aurait préféré que la BCE attende de voir les effets de l'opération PEPP avant d'accroître son ampleur. Mme Lagarde lui a assuré que le Conseil des gouverneurs avait analysé « avec attention » la situation et que, pour éviter les turbulences financières et assurer une transmission adéquate de la politique monétaire, l'opération PEPP « constitue la réponse adéquate ».

Lors de son discours introductif, Mme Lagarde a assuré aux députés que la BCE se tenait prête à faire davantage pour respecter son mandat, qui, certes, est de garantir la stabilité des prix, mais aussi de soutenir les politiques économiques de l'UE. « C'est incontestable », a-t-elle tranché.

  Saluant l'action de la BCE pour faire face à la pandémie, Marek Belka (S&D, polonais) a demandé ce que le Parlement en tant qu'institution pouvait faire pour soutenir l'institut de Francfort face à la remise en cause de la Cour de Karlsruhe. La présidente de la BCE a notamment estimé que l'évaluation de la stratégie de politique monétaire, qui sera réactivée prochainement, constituera une enceinte adéquate où la voix du PE pourra se faire entendre.

Luis Garicano (Renew Europe, espagnol) a approuvé l'autonomie d'action de l'institut monétaire, qui, contrairement à ce qu'il avait fait par le biais du Quantitative Easing, ne rachète pas des titres souverains de pays de la zone euro conformément à la clé de répartition du capital de la BCE dans le cadre de l'opération PEPP. Fin mai, 33% des titres souverains rachetés étaient de la dette publique italienne alors que la part de l'Italie dans la clé de répartition est de 25%.

« Cette clé de répartition constitue une orientation, mais elle ne doit pas être appliquée à tout moment. Il peut y avoir une déviation n'importe quand », a considéré Mme Lagarde. Estimant qu'« une bonne solution » sera trouvée entre la Cour de Karlsruhe et les autorités allemandes à qui s'adresse l'arrêt de la cour constitutionnelle, elle s'est dite prête à porter assistance à la Bundesbank dans cette affaire, sans toutefois faire de compromis sur « l'indépendance de la BCE » ni sur la primauté du droit de l'UE. (Mathieu Bion)

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