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Bulletin Quotidien Europe N° 12499
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / Bce

L'institut de Francfort accroît l'ampleur et la durée de l'opération PEPP lancée pour contrer la pandémie de Covid-19

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 4 juin, de prolonger jusqu'à « au moins fin juin 2021 » et de porter à « 1 350 milliards d'euros » les rachats de titres surtout publics dans le cadre de l'opération PEPP lancée mi-mars pour lutter contre la crise économique qu'a engendrée la pandémie de Covid-19 (EUROPE 12450/6).

Dans tous les cas, nous poursuivrons nos acquisitions via cette opération jusqu'à ce que « la phase de crise liée au coronavirus soit terminée », a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde. « Les rachats continueront d'être effectués de façon flexible en termes de durée, de catégories d'actifs et juridictions », a-t-elle ajouté.

Selon des chiffres publiés, la BCE avait acheté fin mai 237,4 milliards d'euros de titres, soit presque un quart de l'enveloppe de 750 milliards précédemment fixée. Sur les marchés secondaires, 42 milliards d'euros de titres de dette italienne ont été achetés, un volume supérieur à la part de l'Italie dans la clé de répartition du capital de l'institut de Francfort (EUROPE 12498/7), ainsi qu'une trentaine de milliards d'euros de titres privés.

En outre, la BCE a décidé de réinvestir jusqu'à fin 2022 le capital des titres acquis dans le cadre du PEPP et arrivant à maturité.

Évoquant l'unanimité au sein des gouverneurs concernant la nécessité d'agir, Mme Lagarde a estimé que cette opération était « très utile », car elle avait permis, en investissant massivement dès la fin mars, de stabiliser les marchés financiers et de faciliter la transmission de la politique monétaire afin de retrouver la trajectoire d'inflation observée avant le déclenchement de la pandémie.

L'horizon choisi donne également le temps nécessaire à la BCE de voir comment l'économie de la zone euro rebondira, au deuxième semestre 2020, à la faveur d'une levée progressive des mesures de confinement.

L'économie de la zone euro, a observé Mme Lagarde, fait face à une « contraction sans précédent », même si des signes laissent espérer que la chute du PIB et la destruction d'emplois auraient atteint leur limite basse. Révisant fortement à la baisse ses prévisions précédentes pour 2020, la BCE estime désormais que, malgré l'incertitude sur l'ampleur de la crise socioéconomique, la récession atteindra 8,7% cette année avant que l'économie de la zone euro ne connaisse un rebond à hauteur de 5,2% en 2021 et de 3,3% en 2022.

Concernant l'inflation, celle-ci a été sensiblement revue à la baisse sur l'ensemble de la période. Elle devrait suivre la trajectoire suivante : 0,3% en 2020, 0,8% en 2021 et 1,3% in 2022.

Next Generation EU. Par ailleurs, Mme Lagarde a accueilli favorablement la mise en place au niveau européen des trois filets de sécurité pour les États (activation d'une ligne de crédit du MES), les travailleurs touchés par le chômage partiel (instrument SURE) et les entreprises (fonds paneuropéen de garantie de la BEI) (EUROPE 12488/1 et 12494/20). Elle a pressé les États pour qu'ils mobilisent davantage de moyens budgétaires pour relancer leur économie, saluant la récente proposition, par la Commission, de cadre financier pluriannuel (CFP) révisé pour 2021-2027 et de plan de relance européen (EUROPE 12494/1).

Karlsruhe. Enfin, la présidente de la BCE a plusieurs fois été interrogée sur la façon dont la BCE répondra, dans les trois mois, à l'arrêt de la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe qui remet en cause le caractère proportionné du Quantitative Easing (PSPP), une précédente opération de rachat massif de titres essentiellement publics initiée en 2015 pour contrer le risque de déflation en zone euro, ainsi que la primauté du droit de l'UE (EUROPE 12480/17).

« Nous sommes confiants qu'une bonne solution sera trouvée, une bonne solution qui ne compromettra aucunement l'indépendance de la BCE, la primauté du droit de l'UE ni l'arrêt de la Cour de justice de l'UE » qui avait jugé le PSPP « conforme à notre mandat », a indiqué Mme Lagarde, assurant que le Conseil des gouverneurs analysait l'efficacité et le rapport coûts/avantages de l'ensemble des instruments de politique monétaire. (Mathieu Bion)

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