L’ambassadeur allemand auprès de l’UE, Michael Clauss, a expliqué, jeudi 4 juin, que la Présidence allemande du Conseil de l’UE, qui sera exercée du 1er juillet au 31 décembre prochains, se déroulera en trois phrases.
Présentant le programme de la 13e Présidence allemande du Conseil de l’UE lors d’une conférence vidéo organisée par l’EPC, M. Clauss a estimé que la phase 1, à partir du 1er juillet, se concentrerait sur l’obtention d’un accord sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027 et sur le fonds de relance (EUROPE 12494/1, 12494/2). Il a espéré un accord sur ce sujet d’ici la pause estivale. « Cela va être extrêmement difficile, mais c’est possible », a-t-il expliqué, précisant que tous les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE avaient souligné l’urgence d’un accord.
Cependant, M. Clauss n’a pas caché les nombreuses difficultés à surmonter : volume du CFP, type de soutien dans le plan de relance – subventions ou prêts –, partage des fonds entre États membres ou encore conditionnalités qui pourraient y être attachées. Il a ajouté qu’il serait également compliqué d’avoir un accord sur les ressources propres.
Pour l’ambassadeur, le Conseil européen du 19 juin par visioconférence sera l’occasion d’un premier échange de vues (EUROPE 12498/6). Il a espéré une réunion avec présence physique des dirigeants « probablement début juillet ».
Pour l’ambassadeur, la phase 2 de la Présidence allemande du Conseil de l’UE sera dominée par les relations futures avec le Royaume-Uni. Il a espéré un accord qui puisse être confirmé par le Conseil européen d’octobre. « Un accord est possible, mais le Royaume-Uni doit avoir une approche plus réaliste », a estimé M. Clauss, rappelant qu’il n’était pas possible d’avoir à la fois la pleine souveraineté et un accès complet au marché intérieur. « La question du Brexit va absorber la plus grande partie de l’attention politique en septembre et octobre », a-t-il ajouté.
M. Clauss a précisé que la Présidence allemande du Conseil de l'UE pourrait être qualifiée de succès si un accord sur le CFP et le plan de relance et sur le ‘Brexit’ était obtenu au second semestre 2020.
Enfin, en phase 3, la question de la migration ou encore le Green Deal devraient être en tête de l’agenda de la Présidence allemande. Concernant la migration, l’ambassadeur a souligné qu’il fallait que la proposition de la Commission – attendue pour juin - soit acceptée en tant que base de négociation. « Si tel n’est pas le cas, nous n’irons nulle part. Je ne m’attends pas à ce que la Présidence allemande clôture le dossier, qui est complexe et difficile (…) Mais il est réaliste de s'attendre à ce que nous ayons un accord sur la voie à suivre concernant une feuille de route politique », a-t-il expliqué.
Interrogé sur la Conférence sur l’avenir de l’Europe, l’ambassadeur a précisé qu'elle est importante pour l’Allemagne, mais la date de son lancement n’est pas encore claire. « Il est difficile de voir la Conférence commencer avant que la pandémie ne soit surmontée et de l’imaginer sans la possibilité d’avoir des réunions physiques », a-t-il expliqué.
Une Présidence en temps de pandémie
Par ailleurs, M. Clauss a rappelé que la Présidence, dans son organisation, sera particulière. En raison de la pandémie de Covid-19, « il ne s’agit pas d’une Présidence que l’on prépare depuis des années », a-t-il expliqué.
Et si, en juillet, les réunions devraient toujours se dérouler essentiellement en visioconférence, l'ambassadeur a espéré qu’à partir de septembre, « nous serons capables d’avoir des réunions au niveau politique comportant la présence physique des personnes venant des capitales ». Il a cependant prévenu que les règles de distanciation sociale dureraient au moins jusqu’à la fin de la Présidence. Ainsi, selon lui, la Présidence allemande ne pourra réaliser qu'environ 30% des réunions qu’elle aurait pu organiser en temps normal. (Camille-Cerise Gessant)