Alors qu'elle s’exprimait, jeudi 4 juin, dans le cadre d’une conférence en ligne du groupe Renew Europe consacrée au phénomène « d'infodémie » (EUROPE 12451/19), la vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, a appelé les plateformes en ligne à fournir davantage d’efforts en matière de lutte contre la désinformation.
Pour elle, la mise en œuvre récente de nombreuses mesures visant à contrer la prolifération de fausses nouvelles liées à la pandémie de Covid-19 (EUROPE 12455/19) ne suffira pas.
« Je veux que les plateformes deviennent plus responsables », a déclaré Mme Jourová, soulignant que la crise actuelle n’était qu’un « simple rappel du vaste problème que constituent la désinformation et la mésinformation ».
Soutien à Twitter. La vice-présidente a, de fait, exprimé son soutien aux « actions de Twitter visant à mettre en œuvre une politique de modération transparente et cohérente ». La semaine dernière, le réseau social avait signalé deux tweets du président américain, Donald Trump, avec la mention 'Vérifiez les faits', puis masqué un troisième tweet pour 'Apologie de la violence'.
Les plateformes, toutefois, ne peuvent pas être les seules à agir, a nuancé Mme Jourová, prônant un soutien accru aux « médias libres et indépendants », davantage de coopération entre les Vingt-Sept et une plus grande implication de la société civile.
Saluant le projet d’une taxe sur les services numériques (EUROPE 12495/23), elle a par ailleurs assuré qu’une partie des recettes ainsi générées devraient être investies dans l'éducation et la sensibilisation. « Il est déplorable de diffuser des mensonges, mais il est tout aussi déplorable que tant de gens aient tendance à les croire », a-t-elle souligné.
Problème sociétal. La journaliste croate Ana Brakus, membre du réseau international de vérification des faits CoronaVirusFacts Alliance, qui participait également à la conférence, a pour sa part estimé que la désinformation ne pouvait pas être résolue au niveau individuel.
« La désinformation et ses effets négatifs ne peuvent pas être résolus sans tenir compte du niveau de méfiance à l'égard des institutions politiques et du fait que le contenu de la désinformation est créé d'une manière qui est facilement consommable, disponible et partageable », a-t-elle souligné, appelant l'UE et les Vingt-Sept à faire plus.
Communication à venir. Enfin, Mme Jourová a profité de cette conférence pour détailler le contenu de la communication de la Commission attendue pour la semaine prochaine (EUROPE 12498/11).
Cette communication devrait proposer des actions complémentaires pour mieux protéger les citoyens européens contre les campagnes de désinformation, détailler des pistes de travail visant à « renforcer le socle d'informations fiables » dans l'UE et à l’étranger, et à soutenir davantage les autorités compétentes, les vérificateurs de faits et les chercheurs.
Une fois de plus, la commissaire a en outre promis une présentation de la loi sur les services numériques et du plan d'action européen pour la démocratie « d’ici à la fin de l’année ». (Agathe Cherki)