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Bulletin Quotidien Europe N° 12499
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ACTION EXTÉRIEURE / Commerce

La politique commerciale européenne doit sortir du tout-négociation

La « naïveté européenne », son trop lent réveil face à la Chine et son recours trop systématique à la négociation ont été déplorés lors d’un débat virtuel sur les conditions de concurrence des entreprises européennes, organisé jeudi 4 juin par le cabinet Gide à Bruxelles.

« L’UE se sous-estime et doit s’assumer comme puissance », a martelé Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères.

Un rôle qui doit s’assumer aussi à l’OMC pour contrer l’unilatéralisme américain, qui met à mal les règles mondiales, d'après Anthony Gardner, ex-ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE.

Un changement de mentalité est toutefois en cours à la Commission, exacerbé par la crise du coronavirus, a souligné la députée française Marie-Pierre Vedrenne (RE). Changement tardif, mais nécessaire : la politique commerciale européenne n’a plus la cote, peu s’en faut (voir autre article). Ici, la Commission devrait travailler davantage avec les parlements nationaux pour réorienter le tir, estime-t-elle.

« Les choses changent et c’est tant mieux, mais il faut aller plus vite et plus fort » pour « mettre en place des politiques adéquates » et développer l'arsenal européen d’instruments commerciaux défensifs, a renchéri Olivier Prost, associé chez Gide. Il a aussi appelé les entreprises à prendre davantage l’initiative sur le commerce. 

Filtrage des investissements, instruments sur les marchés publics, révision du règlement d’application... des initiatives applaudies par les participants, mais estimées trop tardives et manquant parfois de cohérence. Le 2 juin, des propositions d’études d’impact ont également été publiées pour corriger les problèmes de concurrence dans l’UE (EUROPE 12497/19). Ceux-ci sont générés notamment par des aides d’États étrangers à leurs entreprises pour investir dans l’UE. Un 'livre blanc' est attendu à ce sujet dans les prochaines semaines. « Fallait-il vraiment attendre 2020 pour s’en occuper ? », s’est lamenté M. Prost.

Enfin, la nomination d’un responsable chargé de l’application des règles commerciales (Chief trade enforcement officer, ou ‘CTEO’), annoncée il y a près d’un an, ne devrait finalement se conclure que dans les prochains jours.

Autant de preuves que la politique commerciale demeure trop axée sur sa mission de négociation, négligeant encore la dimension d’application des règles commerciales, ont déploré les participants. Des outils performants existent cependant, tel le règlement sur les obstacles au commerce, mais, à ce jour, ils restent sous-utilisés. (Hermine Donceel)

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