Le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a fait état, jeudi 4 juin en conférence de presse, de plusieurs défis dans la mise en place du Parquet européen, qui doit être opérationnel en novembre.
Le premier, et pas des moindres, concerne la formation du collège des procureurs européens (EUROPE 12451/28). « Nous n'avons pas encore les 27 procureurs européens en place. Cela est dû à des difficultés pour finaliser la liste des candidats maltais et à l'obligation actuelle de présenter une liste nationale officielle de plus de 2 personnes », a-t-il expliqué.
Lors de la réunion par vidéoconférence des ministres européens de la Justice, le même jour, le ministre maltais Edward Zammit Lewis a en effet fait part à ses homologues des difficultés rencontrées par son pays pour trouver plus de deux candidats répondant aux conditions énoncées à l'article 16 du règlement du Parquet européen.
Il s’agit, pour M. Reynders, d’une « situation justifiable, mais extraordinaire », qui pousse la Commission à envisager, pour débloquer la situation, une modification des règles de fonctionnement du comité de sélection qui permettrait de choisir un procureur européen parmi seulement deux candidats éligibles dans des cas exceptionnels et justifiés, a-t-il expliqué.
Second défi de taille : « le Parquet européen doit recevoir le financement qu’il mérite », a déclaré le commissaire.
Fin mars, la Commission européenne a déjà proposé une enveloppe de 3,3 millions € supplémentaires pour le budget 2020 (EUROPE 12456/25), a-t-il rappelé. Quant au budget 2021, Didier Reynders a assuré qu'il n'avait pas oublié la demande d'augmentation du budget présentée par le procureur en chef du Parquet européen (EUROPE 12420/9), Laura Codruţa Kövesi, et que les discussions étaient en cours. (Marion Fontana)