Bien que la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Union européenne se soit poursuivie en 2019, des efforts supplémentaires visant à accélérer cette tendance seront nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030 et 2050, indique un rapport publié, lundi 30 novembre, par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).
Selon ce document fondé sur les données pour 2019 ainsi que sur des estimations préliminaires, les émissions de GES de l’Union en 2019 ont diminué de 3,7% par rapport à 2018, une baisse annuelle « sans précédent au cours de la dernière décennie ».
Comparées au niveau d’émission de 1990, les émissions ont baissé de 24%, surpassant ainsi l’objectif d’une réduction de 20% que l’UE s’était fixé pour 2020.
Pour l’AEE, ces résultats encourageants montrent « qu’il est clairement possible d’atteindre des objectifs de réduction plus ambitieux d’ici 2030 ».
Néanmoins, « des efforts supplémentaires seront nécessaires » pour atteindre les objectifs actuels de réduction des émissions à l’horizon 2030, « et même davantage, si leur niveau d’ambition est augmenté » comme le propose la Commission européenne (EUROPE 12561/5), souligne également l’Agence.
En outre, des différences entre les pays demeurent. Les estimations préliminaires de l’AEE prévoient ainsi que 12 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Estonie, Finlande, Irlande, Luxembourg, Malte, Pologne et République tchèque) auront des niveaux d’émissions supérieurs à leurs objectifs annuels en 2020.
Objectifs énergétiques
Outre l’objectif en matière d’émissions, l’objectif 2020 concernant les énergies renouvelables devrait également être atteint.
D’après le rapport, la part totale d’énergie consommée dans l’UE à partir de sources renouvelables a en effet été de 19,4% en 2019. « L’UE est donc en bonne voie pour atteindre l’objectif de 20% minimum en 2020 », en conclut l’Agence, qui ne dispose pas encore des chiffres pour l’année 2020.
En revanche, les données pour 2019 confirment que l’Union risque de manquer son objectif en matière d’efficacité énergétique (EUROPE 12582/18).
Même si les estimations préliminaires de l’AEE indiquent une diminution de 1,2% de la consommation d’énergie primaire en 2019 par rapport aux niveaux de 2018, les niveaux de consommation « restent supérieurs à la trajectoire linéaire indicative vers l’objectif de 2020 » (améliorer l’efficacité énergétique de 20%), indique ainsi le rapport.
D’après le document, seuls neuf États membres (Finlande, Grèce, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Slovénie et Espagne) étaient en bonne voie pour atteindre leurs objectifs respectifs d’efficacité énergétique pour 2020.
Impact de la Covid-19
La pandémie de Covid-19 pourrait toutefois chambouler les prévisions de l’AEE, en facilitant la réalisation des objectifs pour 2020.
« Bien qu’elle ne soit pas encore quantifiée, tout porte à croire que le ralentissement économique en 2020 a fortement réduit la consommation globale d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre en 2020, en particulier dans le secteur des transports », note ainsi le rapport. Mais d’ajouter : « L’impact des réductions potentielles liées à la Covid-19 pourrait être de courte durée et les émissions pourraient rebondir lorsque les activités économiques reviendront aux niveaux antérieurs à la Covid-19 ».
Voir le rapport : https://bit.ly/39ps37q (Damien Genicot)