La Commission européenne a organisé, lundi 30 novembre, son tout premier ‘Forum Schengen’ destiné à préparer la refonte de la zone de libre circulation prévue au second trimestre 2021.
La discussion, à laquelle ont participé fonctionnaires de la Commission, ministres de l’Intérieur de l’UE, mais aussi eurodéputés et pays associés comme la Suisse, s’est concentrée sur l’amélioration du mécanisme d’évaluation de la mise en œuvre de Schengen, qui souffre de lenteurs, ainsi que sur les voies possibles de refonte de l’espace Schengen.
Au printemps 2020, la Commission avait annoncé vouloir plancher sur une réforme ou une modification qui prendrait en compte les effets de la pandémie sur la libre circulation ; puis, les attaques terroristes de l’automne ont ajouté une nouvelle dimension à la problématique de réforme. Tous les participants sont convenus en tout cas que les contrôles aux frontières intérieures devaient rester une solution de dernier recours et limités dans le temps, indique la Commission dans un communiqué.
La protection des frontières extérieures de Schengen a aussi été mentionnée, les participants souhaitant que des outils adoptés sous la précédente législature - comme le système 'entrée/sortie' ou le système ETIAS (l’équivalent de l’ESTA américain) - soient rapidement mis en place. Les participants ont aussi parlé de coopération policière et d’échanges d’information.
« L'espace Schengen est en crise et les frontières intérieures sont de plus en plus utilisées comme un levier politique », a commenté, de son côté, l’eurodéputée slovène Tanja Fajon (S&D).
À long terme, « nous devons réformer le code frontières Schengen pour donner aux institutions européennes un rôle plus important dans la préservation de l'intégrité de l'espace Schengen. Le mécanisme d'évaluation de Schengen devrait également être encore amélioré afin de relever les défis auxquels il a été confronté ces dernières années, notamment en ce qui concerne le respect des droits fondamentaux. Les coûts des contrôles aux frontières intérieures sont aujourd'hui évidents, mais ne pas rétablir l'intégrité de Schengen mettrait sérieusement en danger l'UE », a dit la députée dans un communiqué. (Solenn Paulic)