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Bulletin Quotidien Europe N° 12605
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

La Commission veut « faire de l’UE la puissance mondiale des énergies renouvelables en mer »

La Commission européenne a présenté, jeudi 19 novembre, sa stratégie sur les énergies renouvelables en mer (‘offshore’), avec l’ambition de renforcer considérablement le « leadership technologique et industriel » de l’Union européenne dans ce domaine.

« Cette stratégie en matière d’énergies renouvelables offshore soutiendra la poursuite de la croissance de ce secteur et encouragera de nouveaux progrès vers la réalisation de nos objectifs climatiques ambitieux pour 2030 et au-delà », a ainsi déclaré Frans Timmermans, le vice-président de la Commission en charge du Pacte vert européen.

« L’énergie offshore est une véritable réussite européenne. Avec cette stratégie, nous entendons ajouter un nouveau chapitre à cette histoire et faire de l’UE la puissance mondiale de l’énergie renouvelable offshore », a ensuite surenchéri la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson.

Selon eux, cette stratégie représente un « win-win » pour l’environnement et pour l’économie.

Modifications par rapport à l’avant-projet

La stratégie présente quelques modifications par rapport à l’avant-projet détaillé dans nos lignes (EUROPE 12596/7).

Les objectifs indiqués en matière d’énergie océanique (l’énergie des vagues ou des marées) ont notamment été revus à la baisse. Ainsi, la Commission vise désormais une capacité de 40 GW d’ici 2050, contre 60 GW dans la version provisoire.

Interrogé sur ce changement, un fonctionnaire européen a expliqué que cela était dû à un réexamen du processus de modélisation et au fait que l’objectif inclus dans l’avant-projet était basé sur des données pour l’UE28 (Royaume-Uni compris) fournies par le ‘Centre commun de recherche’ (JRC).

En outre, alors que l’avant-projet fixait un objectif de 1 à 3 GW d’ici 2030, la stratégie finale mentionne désormais un objectif « d’au moins 1 GW », ainsi qu’un objectif de 100 MW d’ici 2025.

Les objectifs en matière de capacité éolienne en mer sont, en revanche, restés les mêmes : 300 GW à l’horizon 2050 et 60 GW d’ici 2030.

S’il s’agit d’objectifs ambitieux au vu des capacités actuelles de l’UE (12 GW pour l’éolien offshore et 13,5 MW pour l’énergie océanique), M. Timmermans a estimé qu’ils étaient atteignables, à condition d’avoir « une planification minutieuse, une bonne coopération et un financement important ».

Autre modification : en 2021, la Commission proposera un guide sur le partage des coûts et des bénéfices pour les projets transfrontaliers.

En outre, la stratégie souligne désormais l’importance d’intégrer systématiquement le principe de « circularité par conception » dans la recherche et l’innovation en matière d’énergies renouvelables. D’après un fonctionnaire européen, l’objectif est notamment de résoudre le problème du recyclage des pales des éoliennes, qui sont pour la plupart réalisées avec des matériaux composites.

La référence à l’élaboration d’un programme d’investissements pour 10 projets à grande échelle portant sur des technologies de l’énergie marine, combinant Horizon Europe, InvestEU, financement public national et financement privé, a, quant à elle, disparu de la stratégie finale.

Enfin, il est à noter que la Commission a également publié un document accompagnant la stratégie dans le but de clarifier les règles relatives au marché de l’électricité.

Réactions

Dans l’ensemble, les parties prenantes ont accueilli favorablement la stratégie de la Commission.

« C’est une très bonne stratégie », a ainsi estimé Giles Dickson, PDG de WindEurope. Ce dernier a en particulier salué l’accent mis sur l’importance de garantir des revenus prévisibles aux promoteurs de parcs éoliens offshore, étant donné les investissements initiaux élevés que nécessite ce secteur.

WindEurope s’est en outre félicité du fait que la stratégie couvre l’ensemble des bassins maritimes de l’UE (mer du Nord, mer Baltique, mer Noire, Méditerranée et Atlantique) ainsi que certaines communautés côtières et insulaires.

« Les énergies renouvelables et l’hydrogène sont les éléments fondamentaux et interdépendants qui permettront de rendre le système énergétique européen neutre sur le plan climatique », a de son côté réagi Hydrogen Europe, tout en appelant à faire en sorte que les infrastructures de transport et de distribution appropriées soient présentes dans le cadre des révisions à venir du règlement RTE-E du Plan décennal de développement du réseau (TYNDP).

Saluant la volonté de la Commission « d’augmenter significativement la part des énergies renouvelables offshore », l’ONG CAN Europe a exhorté les États membres à « accélérer la planification et le travail transfrontalier (…), tout en réduisant au minimum les impacts sur l’écosystème marin ».

Voir la stratégie et le document clarifiant les règles relatives au marché de l’électricité : https://bit.ly/3fd7L1M  et https://bit.ly/2KkpnNP (Damien Genicot)

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