Dans un rapport publié ce jeudi, la Comité contre la torture du Conseil de l'Europe (CPT) reconnaît les défis importants auxquels l'afflux de migrants soumet les autorités grecques, déplore le manque de coordination européenne, mais exhorte la Grèce à modifier son approche.
Basé sur une visite ad hoc qui s'est déroulée du 13 au 17 mars 2020, ce rapport dénonce les conditions de détention des migrants dans la région d'Evros et sur l'île de Samos. Surpopulation, cellules à barreaux mal éclairées et mal ventilées, toilettes et salles d'eau insalubres, défaut de matériel d'hygiène et de nettoyage, alimentation inadéquate et manque d'accès à l'exercice de plein air peuvent être qualifiés de « traitements inhumains et dégradants », dénonce le CPT, qui, par ailleurs, demande une nouvelle fois à la Grèce de mettre fin à la détention d'enfants, accompagnés ou non, dans les établissements de police.
Le manque d'information claire aux migrants quant à leur situation administrative est également dénoncé, tout comme sont mentionnées des allégations de mauvais traitements (gifles, coups de pieds et de matraques) infligés aux migrants par les forces de police lors des arrestations ou des transferts dans des lieux de détention.
Le rapport souligne également que le CPT a reçu « des allégations cohérentes et crédibles de migrants repoussés vers la Turquie par la frontière de la rivière Evros », allégations démenties par la Grèce dans sa réponse au CPT.
Autre point : « le CPT s'inquiète des actes commis par les garde-côtes grecs pour empêcher les bateaux transportant les migrants d'atteindre les îles grecques et s'interroge sur le rôle et l'implication de Frontex dans de telles opérations ».
Voir le rapport : https://bit.ly/2KiJagx (Véronique Leblanc)