Après une première discussion entre les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé que les Européens allaient travailler à une position commune sur les relations transatlantiques après l’élection de Joe Biden.
Le Conseil 'Affaires étrangères' du 7 décembre sera l’occasion d’une discussion plus approfondie sur les relations transatlantiques.
« J’espère que, le 7 décembre, le Conseil sera capable de se mettre d’accord sur une approche commune (…) Je ne m’attends pas à ce qu’on parle d’une seule voix, mais de la même chose », a expliqué M. Borrell. Il a cependant prévenu que certains États membres s’attendent à ce que les discussions soient plus longues et qu’il n’y ait pas d’accord complet à cette date.
Selon le Haut Représentant, il faut aller vers « une approche commune », notamment sur la manière de « s’engager dans une amitié plus forte et un meilleur partenariat avec les États-Unis, qui sont nos alliés stratégiques les plus importants ».
En amont du Conseil, le ministre allemand, Heiko Maas, s’était dit convaincu que l’Europe et les États-Unis avaient besoin d’un ‘New deal transatlantique’. « Il n'y a guère de sujet sur lequel nous ne soyons pas urgemment dépendants les uns des autres », avait-il ajouté, parlant notamment de la pandémie de Covid-19 et du changement climatique. Le ministre avait aussi estimé que construire un meilleur partenariat transatlantique n’était pas en contradiction avec la nécessité, pour les Européens, d’assurer eux-mêmes la défense de leur sécurité. Ce sont les deux côtés d’une même médaille, avait estimé M. Maas.
Devant la presse, M. Borrell a plaidé pour l’autonomie stratégique de l’UE. Selon lui, « une UE capable et consciente de sa stratégie est la meilleure partenaire pour les États-Unis et c’est aussi ce dont nous avons besoin pour nous-mêmes ». Reconnaissant que le terme était controversé, le Haut Représentant a expliqué que cela ne signifiait pas que l’UE ne continuerait pas d’être un partenaire pour les États-Unis, mais qu’il s’agissait d’être un meilleur partenaire.
Il a précisé que l’autonomie stratégique n’était pas un concept uniquement lié aux relations transatlantiques. L’autonomie stratégique de l’UE devrait également faire l’objet d’une discussion lors du Conseil du 7 décembre. (Camille-Cerise Gessant avec Agathe Cherki)