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Bulletin Quotidien Europe N° 12605
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Notre action est couronnée de succès et ce sera le cas pour la deuxième vague de Covid-19, assure Christine Lagarde

Avec notamment son opération PEPP de rachat massif de titres surtout publics déclenchée au début de la pandémie de Covid-19, la Banque centrale européenne (BCE) préserve la stabilité financière et maintient des conditions de financement bon marché, a réaffirmé sa présidente, Christine Lagarde, jeudi 19 novembre.

« L'action de la BCE a été couronnée de succès. Nous affrontons la deuxième vague et notre action continuera de porter ses fruits », a souligné Mme Lagarde lors d'un débat en commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Elle a rappelé que le Conseil des gouverneurs de l'institut de Francfort avait décidé, fin octobre, que les instruments disponibles seraient recalibrés lors de sa réunion de décembre (EUROPE 12592/3).

Alors que Markus Ferber (PPE, allemand) s'interrogeait sur la légalité même de l'opération PEPP, la présidente de la BCE a une nouvelle fois dû en justifier le bien-fondé. Cette opération est « ciblée, temporaire et exceptionnelle » et, face à un choc macroéconomique d'une telle ampleur, la flexibilité inhérente à l'opération a permis de moduler les achats en fonction de la nature des actifs, du calendrier et des juridictions.

Cette flexibilité a été très utile en mars, lorsqu'a éclaté la pandémie. Elle est « moins indispensable » désormais, a-t-elle d'ailleurs noté.

Au nom du groupe Renew Europe, l'Espagnol Luis Garicano a relevé qu'Olivier Blanchard, l'ancien économiste en chef du FMI du temps où Mme Lagarde dirigeait l'organisation financière internationale, préconise d'aider un pays de la zone euro en difficulté à travers le recours au Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, combiné à la possibilité d'un rachat de titres souverains par la BCE (via l'opération OMT). De cette manière, il est possible de fixer des conditions de politique budgétaire et économique, a dit M. Garicano, contrairement à l'opération PEPP qui équivaut à « 100% de carottes et 0% de bâton ».

Mme Lagarde a rappelé que la pandémie constitue un choc exogène qui touche tous les pays de la zone euro alors qu'un plan de sauvetage du MES est mis en place lorsqu'un pays n'est plus en mesure de refinancer seul sa dette publique, comme ce fut le cas pour la Grèce, l'Irlande ou le Portugal.

Politique monétaire et politique budgétaire vont main dans la main

Dans son discours introductif, l'ancienne patronne du FMI a souhaité que les pays de la zone euro, en actionnant le levier budgétaire et en stimulant l'investissement public, renforcent l'action de la BCE. Ceux-ci devraient aussi orienter la relance de leur économie afin de favoriser la transition écologique, numérique et de stimuler la compétitivité, a-t-elle ajouté. 

En réponse à une question de Jonás Fernández (S&D, espagnol), elle a espéré que les Vingt-sept seront en mesure d'adopter le plus tôt possible le Plan de relance européen Next Generation EU, alors que la Hongrie et la Pologne, soutenues dans une certaine mesure par la Slovénie, bloquent l'accord sur le budget de l'UE post-2020 (voir autre nouvelle).

La question de la dette publique accumulée lors de la pandémie ne doit pas être occultée, car elle se reposera une fois la pandémie surmontée. Il convient d'élaborer, dès à présent, « un séquençage » afin de permettre la poursuite du soutien budgétaire actuel sans perdre de vue la durabilité de la dette publique à moyen terme, a estimé Mme Lagarde.

Enfin, Marco Zanni (Identité et démocratie, italien) a évoqué une possible annulation de la dette souveraine de pays de la zone euro détenue par la BCE, une éventualité qu'a aussi mentionnée le président du Parlement européen, David Sassoli. Mme Lagarde a coupé court à toute spéculation : « Toute action de cette nature constituerait une infraction au traité européen. Je respecte le traité ! » (Mathieu Bion)

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