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Bulletin Quotidien Europe N° 12596
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

La Commission souhaite multiplier par 25 la capacité européenne de production d’énergie renouvelable en mer d’ici 2050

Afin d’atteindre son objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050, l’Union européenne devra multiplier par 25 sa capacité de production d’énergie renouvelable en mer (‘offshore’) d’ici à cette date, indique l’avant-projet de la stratégie de l’UE sur les renouvelables en mer, obtenue jeudi 5 novembre par EUROPE. 

Selon ce document, l’augmentation de la production d’énergie renouvelable constitue « la condition préalable nécessaire au succès » de la transition vers une société neutre en carbone afin que davantage de secteurs de l’économie européenne puissent utiliser directement de l’électricité issue des renouvelables.

La Commission vise ainsi une capacité éolienne en mer de 300 GW d’ici 2050 ainsi qu’environ 60 GW d’énergie marine, alors que les capacités actuelles sont respectivement de 12 GW et 13 MW.

Pour 2030, l’ambition est d’atteindre 60 GW d’énergie éolienne en mer et de 1 à 3 GW d’énergie marine, indique le document, tout en précisant que le déploiement de grandes capacités pourrait permettre de parvenir à un coût moyen d’environ 50 euros par MWh en 2030.

Ces objectifs demandent une forte accélération du déploiement de ces technologies, concède la Commission. Le rythme d’installation actuel (+3 GW par an) et prévu après 2030 (+7 GW par an) ne permettrait en effet d’atteindre qu’environ 90 GW d’énergie éolienne en mer en 2050.

Néanmoins, outre les avantages en termes de décarbonation de la production d’électricité, l’institution estime que la réalisation de ces objectifs apporterait d’importants bénéfices en termes d’emploi et de croissance, contribuant à la relance post-Covid.

Mesures envisagées

Au volet des mesures envisagées, cette version provisoire de la stratégie ne prévoit aucune nouvelle initiative législative dédiée.

La Commission compte en revanche établir, au cours de l’année prochaine, un cadre permettant aux États membres de définir leur engagement commun pour déployer des énergies renouvelables en mer dans chaque bassin maritime jusqu’en 2050.

Ces engagements à long terme identifieraient les sites appropriés et la capacité installée prévue pour chaque bassin maritime et pourraient prendre la forme d’un protocole d’accord entre les États membres concernés, souligne le document.

Dans le cadre de la révision du règlement (347/2013) sur les réseaux transeuropéens d’énergie (RTE-E), prévue pour le 9 décembre, la Commission œuvrera à faciliter la planification du réseau offshore, y compris pour les projets hybrides en mer permettant de combiner connexion au réseau éolien offshore et interconnexion transfrontalière.

L’institution souhaite également clarifier le cadre réglementaire en matière des zones de dépôt des offres offshore (‘offshore bidding zones’) pour les projets hybrides. Une annexe dédiée est d’ailleurs comprise dans l’avant-projet.

Elle proposera en outre une modification de la législation, en 2022, afin de permettre aux États membres d’allouer plus souplement les revenus de congestion en ce qui concerne les projets hybrides offshore.

La Commission a aussi l’intention de collaborer avec les États membres pour intégrer les objectifs de développement des énergies renouvelables en mer issus des PNEC (plans nationaux en matière d’énergie et de climat) dans leurs plans en matière de planification de l’espace maritime. 

Ces plans doivent être remis à la Commission avant le 31 mars 2021 et visent à identifier la répartition spatiale et temporelle des activités dans les eaux marines des pays de l’UE, en vue de garantir notamment une bonne coexistence de l’éolien avec la pêche ou le transport maritime.

« On estime que la mise à l'échelle et le développement de l'industrie éolienne offshore occupent moins de 3% de l'espace maritime européen et peuvent être réalisés d'une manière compatible avec une forte protection de l'environnement et de la biodiversité », précise à cet égard l’avant-projet.

Financement

Selon le document, l’investissement nécessaire pour atteindre 300 GW d’éolien en mer et 60 GW d’énergie océanique d’ici 2050 tournerait autour de 789 milliards d’euros, dont environ deux tiers pour l’infrastructure de réseau associée et un tiers pour la production en mer.

 La Commission compte par conséquent encourager les États membres à utiliser la Facilité pour la reprise et la résilience, pièce maîtresse du Plan de relance européen post-Covid-19, pour le déploiement des énergies renouvelables, y compris en mer.

Elle élaborera en outre un programme d’investissements, d’ici 2025, pour 10 projets à grande échelle portant sur des technologies de l’énergie marine, combinant Horizon Europe, InvestEU, financement public national et financement privé.

L’institution a également l’intention de lancer, dès 2021, les premiers appels d’offres à l’échelle de l’UE dans le cadre du mécanisme de financement des énergies renouvelables (EUROPE 12562/3), qui sera opérationnel à partir du 1er janvier.

Enfin, elle veillera à ce que la révision des règles relatives aux aides d’État dans le domaine de l’énergie et de la protection de l’environnement (prévue avant la fin 2021) fournisse un cadre adapté au déploiement rentable des énergies renouvelables offshore.

La présentation de la stratégie sur les énergies renouvelables en mer est prévue pour le 18 novembre.

Voir l’avant-projet de la stratégie : https://bit.ly/32dBEtK (Damien Genicot)

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