Les membres du Comité des affaires culturelles du Conseil de l’UE ont examiné, mercredi 4 novembre, la cinquième version d’un projet de conclusions sur l'égalité de genre dans le domaine de la culture, un secteur où les femmes continuent de se heurter à « de nombreux obstacles » et où les stéréotypes sexistes, le harcèlement et les abus sexuels « demeurent des préoccupations majeures », rappelle le document, dont EUROPE a obtenu copie.
Ce dernier fait état d’inégalités hommes-femmes persistantes en matière d’accès au marché du travail culturel et créatif, de rémunération, de reconnaissance du travail et de représentation au sein des postes de création et de décision.
Or, « l'absence d'égalité d'accès, de participation et de visibilité des femmes dans le domaine de la culture tend à perpétuer la discrimination fondée sur le sexe », relève également le document, mettant par ailleurs en avant le potentiel de la culture pour faire progresser l’égalité de genre.
Les États sont donc invités à veiller à l’égalité des rémunérations (EUROPE 12595/23), à favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et privée – en soutenant en particulier les personnes ayant « des obligations de soins » (EUROPE 12584/11) – ou encore à garantir l'égalité de genre dans les institutions et les organes de décision du secteur (postes de direction, composition des jurys, etc.)
La Commission européenne, elle, est appelée à veiller à ce que sa campagne contre les stéréotypes sexistes – annoncée dans sa stratégie pour l’égalité de genre (EUROPE 12440/7) – inclue les secteurs culturel et créatif.
Elle est en outre appelée, ainsi que les Vingt-sept, à favoriser un échange régulier de bonnes pratiques à ce sujet au niveau européen.
Des données pour mieux comprendre
Enfin, le projet de conclusions aborde à plusieurs reprises la question de la collecte des données ventilées par sexe : celles-ci sont jugées « insuffisantes » pour « comprendre pleinement les défis à relever » en matière d’égalité dans le secteur.
Il est donc suggéré que la Commission garantisse la présence des données sur l’égalité de genre dans le futur programme Creative Europe, des données ventilées par sexe sur les projets subventionnés, par exemple.
Les États, eux, sont incités à promouvoir la recherche consacrée à l’égalité de genre et la collecte de données ventilées par sexe dans le domaine de la culture, « y compris concernant les effets des stéréotypes sexistes ». Le texte prône également davantage de transparence, via notamment la publication de ces données. (Agathe Cherki)