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Bulletin Quotidien Europe N° 12584
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POLITIQUES SECTORIELLES / ÉgalitÉ de genre

La Présidence allemande du Conseil prépare des conclusions sur les inégalités hommes-femmes en matière de répartition du travail rémunéré et non rémunéré

Un rapport de l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), réalisé à la demande de la Présidence allemande du Conseil de l’UE, a été transmis, vendredi 16 octobre, par Berlin, aux délégations nationales.

Ce rapport d’une centaine de pages porte sur les inégalités hommes-femmes en matière de répartition du travail rémunéré et non rémunéré dans le secteur des soins. Une réalité exacerbée par la pandémie de Covid-19 (EUROPE 12470/16) et plus que jamais d’actualité alors que le Conseil planche sur un projet de conclusions relatif à l’évaluation et la répartition du travail rémunéré et non rémunéré entre les hommes et les femmes.

Le travail de soins désigne, selon la définition donnée dans l’annexe du rapport, « toutes les activités et occupations qui impliquent directement et indirectement des processus de soins » : le travail effectué par des professionnels moyennant une rétribution financière, donc, mais également les activités entreprises sans rémunération, notamment au sein du foyer ou auprès de proches.

Ainsi, dans le cadre de la crise de la Covid-19, « la charge de travail des soignants a explosé, qu'il s'agisse des parents isolés qui s'occupent de leurs enfants à la maison ou des infirmières qui soignent les patients dans les hôpitaux », détaille le rapport.

Or, ces travaux, rémunérés comme non rémunérés, incombent dans une large mesure aux femmes. Les professionnels de la santé – qui comptent parmi les professionnels les moins bien rémunérés de l’UE – sont à 76% des femmes. En outre, 92% des femmes dans l’UE sont des « aidantes régulières », elles fournissent des soins non rémunérés au moins plusieurs jours par semaine, et 81% sont des aidantes journalières – contre 68% et 48% des hommes, respectivement.

Ces responsabilités de soins freinent les perspectives d’emploi des femmes, qui sont plus nombreuses à travailler à temps partiel, dans des emplois temporaires et mal rémunérés et sont sous-représentées dans les grandes entreprises et au niveau de la direction, indique l’EIGE.

Quelque 7,7 millions de femmes seraient par ailleurs maintenues hors du marché du travail par ces responsabilités - contre 450 000 hommes seulement.

La charge que représente le travail de soins non rémunéré que les femmes assument est, en outre, selon l’EIGE, l’un des principaux facteurs contribuant à l’écart de rémunération entre hommes et femmes. Actuellement, dans l'UE, le salaire horaire brut moyen des femmes est inférieur de 16 % à celui des hommes.

Parmi les éléments de réponse envisagés par l’EIGE et dont pourrait s’inspirer la Présidence dans ses conclusions, figurent notamment l’adoption de mesures visant à renforcer le cadre juridique existant dans les États sur les prestations de soins, la promotion d'une répartition plus équitable des soins non rémunérés au sein du ménage, le développement d’une stratégie européenne sur l'aide sociale et la protection sociale ou encore des investissements plus importants dans le secteur des soins.

Pour consulter le rapport : https://bit.ly/2T7bjZp  (Agathe Cherki)

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