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Bulletin Quotidien Europe N° 12584
POLITIQUES SECTORIELLES / BiodiversitÉ

Commission et entreprises plaident pour des investissements publics et privés suffisants, les ONG appellent à la responsabilité des États membres

L'importance d'investissements publics et privés suffisants pour être à la hauteur de l'enjeu - une biodiversité européenne et mondiale restaurée d'ici 2030 à même de livrer les services écosystémiques qu'on peut attendre d'elle - a été soulignée par la Commission européenne et des représentants d'entreprises prêts à investir dans la biodiversité pour l’homme et la nature, lundi 19 octobre.

Mais, du côté des ONG de défense de la nature, il importe avant toute chose que les États membres prennent leurs responsabilités et respectent la législation de l'UE - une lacune mise en lumière par le dernier rapport de l'Agence européenne de l'environnement sur le déclin alarmant de la biodiversité en Europe (voir autre nouvelle).

Ce contraste a dominé un point de presse virtuel organisé par la Commission à la veille de l'ouverture de la Semaine verte européenne (EUROPE 12482/33).

Retour sur investissement. La moitié du PIB mondial dépend de la nature de par les écosystèmes qu'elle livre. Tous ont reconnu que les investissements stratégiques dans la protection de la nature et la restauration des plaines d'inondation, des tourbières et d'autres écosystèmes européens riches en carbone peuvent être triplement bénéfiques pour la nature, le climat et les populations.

« Les bénéfices écologiques de la protection de l'environnement sont considérés comme allant de soi, mais ils sont invisibles », a souligné le chef d’unité 'Protection de la nature' à la Commission (Services Environnement), Nicola Notaro, en citant les 300 milliards € par an estimés que rapportent les zones protégées du réseau Natura 2000 en termes de purification de l'air, de l'eau, d’atténuation du changement climatique, de réduction des conséquences négatives des événements météorologiques extrêmes et d'atout pour renforcer le développement socioéconomique dans les zones rurales souffrant d'abandon.

« La biodiversité peut aider agriculteurs et sylviculteurs qui produisent localement, peut créer de l'emploi. On estime que Natura 2000 a créé un demi-million d'emplois », a-t-il précisé.

Préoccupations pour la PAC et le CFP. D'où son inquiétude quant aux négociations en cours sur la politique agricole commune (PAC) et au manque de fonds réservés (earmarking) à la nature dans le projet de cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 - absence qui menace les 20 milliards € par an proposés par la Commission (EUROPE 12578/11).

Quelle que soit l'issue, il a plaidé pour qu'on utilise les fonds réservés pour le climat, qui servent aussi la biodiversité.

Barbara Herrero, de l'ONG Birdlife, estime que « l'attitude des États membres est très préoccupante ». 

Elle a plaidé pour « des objectifs concrets qui découlent de l'objectif de dépenses » : mieux dépenser l'argent de la politique agricole, le soutien aux pêcheurs pour qu'ils stoppent la surpêche, commencer à rediriger les millions dépensés dans les infrastructures traditionnelles du XXe siècle vers les infrastructures du XXIe siècle pour restaurer les terres humides, par exemple.

Mais, ce qui importe avant tout, « c'est un changement de politique », que l'argent soit mieux dépensé ; que les États membres soient comptables de leurs actes et sanctionnés.

« Beaucoup d'investisseurs privés font des profits à partir de la destruction de la nature. Si les États membres les empêchaient de se faire de l'argent comme ça, le changement serait possible », a-t-elle affirmé. 

Le chef d'unité Stefan Leiner (Commission européenne) a rappelé que, l'an dernier, le Parlement avait demandé à l'UE une stratégie très ambitieuse et qu'à New York, lors du sommet onusien sur la biodiversité, 76 dirigeants et le secteur financier se sont engagés en faveur de la nature.

« Il faut plus de cohérence politique au Conseil Agriculture. Beaucoup peut être fait au niveau local pour encourager les agriculteurs », a-t-il estimé.

Appel pour un cadre politique favorable aux investissements. Le directeur des partenariats de Business for Nature a rappelé que 600 entreprises de tous les secteurs employant 10 millions de personnes dans le monde ont affirmé à New York leur volonté d'être plus ambitieux. 

« Nous pouvons faire plus, mais nous ne pouvons réussir seuls. Les décideurs politiques doivent établir le cadre créant un environnement propice aux investissements », a-t-il déclaré. (Aminata Niang)

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