La Commission européenne a annoncé, mercredi 21 octobre, avoir émis la veille un premier emprunt social de 17 milliards d’euros dans le cadre de l’instrument SURE, qui vise à soutenir les systèmes nationaux de chômage partiel face à la pandémie de Covid-19.
« Hier était un jour important, car nous avons fait un pas de plus vers le rapprochement des fonds de ces instruments avec les personnes qui en ont besoin », a déclaré le commissaire européen au Budget, Johannes Hahn. L'obligation a été sursouscrite plus de 13 fois, « ce qui est un signe du grand intérêt et de la confiance du marché envers l'UE en tant qu'émetteur », a-t-il ajouté, soulignant la notation financière AAA dont bénéficie l’Union européenne.
L'opération a consisté en l'émission de deux obligations : 10 milliards d'euros devaient être remboursés en octobre 2030 (maturité de dix ans) et 7 milliards d'euros en 2040 (maturité de 20 ans).
Les taux d’intérêt sur ces titres sont plus élevés que ce qu’on trouve sur le marché, mais restent néanmoins très bas, voire négatifs. Selon Reuters, l'obligation à 10 ans aurait un rendement de -0,238% et celle à 20 ans de 0,131%.
Une source s'est félicitée du choix de la Commission pour des emprunts sociaux, ce qui a permis d'attirer des investisseurs avec des profils plus philanthropiques.
Le volume total d’emprunt provisoire prévu pour 2020 est d'environ 30 milliards d'euros, a expliqué le commissaire, pour qui, vers la mi-2021, la Commission devrait être en mesure de procéder à la première émission de titres au nom des Vingt-sept dans le cadre du Plan d'action européen Next Generation EU.
« Ainsi, nous allons émettre plus de 900 milliards d'euros d'obligations sur la période allant jusqu'à fin 2026, la plus grande partie étant fortement concentrée sur la période 2021-2024. C'est le montant le plus élevé jamais emprunté dans l'histoire de l'UE ! », a indiqué le commissaire.
Une autre source a expliqué qu'aucune autre organisation supranationale n'emprunte pour l'heure autant que l'Union. « Ce que nous avons fait hier et ce que nous allons faire risque de battre de nombreux records », a-t-elle considéré.
Répondant à EUROPE sur l’éventuelle nécessité de redimensionner l’instrument SURE, au vu de l’évolution de la pandémie en Europe, M. Hahn a rappelé que, dans le projet initial de la Commission, l’institution avait déjà anticipé une certaine continuité de la pandémie. Selon lui, le principal défi est la mise en œuvre de l’instrument par les États membres.
Pour l’heure, 17 États membres ont sollicité l’instrument, attribuant près de 90 milliards d’euros de l’instrument sur les 100 prévus d'être levés (EUROPE 12576/32). (Pascal Hansens)