La Commission européenne a publié, mercredi 21 octobre, son troisième rapport sur les progrès réalisés dans la lutte contre la traite des êtres humains depuis 2017, dans lequel elle relève cependant que le nombre de victimes est en hausse et que la majeure partie d'entre elles sont des femmes et des petites filles.
Selon le communiqué de l’institution, des progrès ont été accomplis dans plusieurs domaines tels que la coopération transnationale « grâce aux efforts conjoints d'Europol et d'Eurojust », mais la criminalité évolue et la pandémie de Covid a renforcé certaines tendances.
La traite représente environ 30 milliards d'euros de profit annuellement dans le monde et, dans l'UE, ces profits sont évalués à 3 milliards.
Selon la Commission, près de la moitié des victimes de la traite des êtres humains dans l'UE sont des citoyens de l'Union (49%) et un tiers (34%) d'entre elles en ont été victimes dans leur propre État membre. La grande majorité des victimes de ce phénomène sont des femmes et des jeunes filles (72%) et une victime sur quatre (22%) est un enfant.
Si l'exploitation sexuelle demeure la principale finalité de la traite, l'exploitation par le travail est également signalée, notamment dans le contexte de la migration.
« La présence continue d'enfants parmi les victimes de la traite est alarmante », note le rapport. La grande majorité des enfants victimes dans l'UE étaient des filles (78%) et plus de 60% des enfants victimes de traite dans l'UE ont été victimes de la traite à des fins d'exploitation sexuelle. Les enfants victimes sont aussi exploités pour commettre des délits, dans le commerce de la drogue, et les enfants migrants sont particulièrement à risque, dit le rapport.
En 2017/2018, 14 145 victimes ont été enregistrées au total, ce qui constitue une proportion plus élevée que lors de la précédente période étudiée.
Dans l’UE, les principaux pays où les victimes ont été détectées étaient, en nombre absolu, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, les Pays-Bas et la France.
Hors UE, il s’agissait du Maroc, de la Chine, de l'Ukraine, de l’Inde et du Nigéria.
En revanche, seulement 6 163 poursuites et 2 426 condamnations ont été signalées, note la Commission, qui souligne aussi que la traite « s'exerce de plus en plus en ligne, car les trafiquants recourent de manière croissante à l'Internet et aux réseaux sociaux pour recruter et exploiter leurs victimes ». En outre, la pandémie retarde l'identification des victimes et l’accès à la justice.
Lien vers le rapport : https://bit.ly/34i32YP (Solenn Paulic)