Le Parlement européen condamne les lacunes de la réponse européenne dans le domaine de l'éducation. Dans une résolution adoptée mercredi 21 octobre, les députés estiment « qu’une meilleure coopération et coordination entre les États membres et qu’une politique de l’Union plus ambitieuse en matière d’éducation et de formation auraient amélioré l’efficacité de la réponse apportée à la crise ».
Cette résolution fait suite à un échange avec la Présidence du Conseil de l'UE et la Commission européenne en début de semaine sur les leçons à tirer de la crise.
La commissaire chargée des Affaires intérieures, Ylva Johansson, y avait déclaré : « Les États membres ont réussi à passer rapidement à l’apprentissage en ligne, mais il est clair qu’il y a encore une marge d'amélioration ». Elle avait pointé du doigt les défis en termes d'équité et de qualité inhérents au passage à l'enseignement à distance, le manque de compétences numériques et les lacunes en matière d'infrastructures.
Favoriser l'apprentissage en présentiel
Dans la résolution rédigée par Sabine Verheyen (PPE, allemande) au nom de la commission 'culture et éducation', le Parlement s'inquiète de la fermeture des établissements scolaires pendant la pandémie - qui a touché 94% des apprenants dans le monde au plus fort de la crise et 60% encore maintenant.
Estimant que cette période est potentiellement « la plus grave perturbation de l’histoire pour les systèmes éducatifs et de formation mondiaux », le Parlement souligne que les interactions directes entre enseignants et apprenants sont irremplaçables et que seul un enseignement en présentiel peut garantir l’acquisition effective de compétences interpersonnelles et sociales.
Dans ce contexte, la résolution invite la Commission et les États membres à coopérer étroitement afin de réduire au minimum les risques pour la santé du personnel et des apprenants et de maximiser les chances de pouvoir poursuivre l’éducation en présentiel. Elle ajoute qu'en cas de nouveau confinement, les établissements d’enseignement « doivent être équipés pour fournir un apprentissage numérique de qualité à tous les apprenants et aborder la question de la santé mentale et du bien-être en coopération avec les parents et les autres parties prenantes concernées ».
L'amendement du groupe ID visant à introduire une référence à l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine a, quant à lui, été rejeté.
Le Parlement s'oppose aux coupes budgétaires
La résolution déplore également les coupes proposées par le Conseil dans le budget de l'UE pour les 7 prochaines années. « Nous réitérons notre appel pour que le budget Erasmus + soit triplé, tout en encourageant activement les États membres à augmenter considérablement les dépenses publiques consacrées à l'éducation et la Commission à donner la priorité à l'éducation et à la formation dans le Plan de relance - certains d'entre nous demandent même une allocation de 10% », a résumé Victor Negrescu (S&D, roumain) lors du débat.
De son côté, le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth, a rappelé que le Conseil de l'UE du 30 novembre adopterait des conclusions sur l'éducation numérique.
Voir le texte de la résolution : https://bit.ly/2IRVFPC (Sophie Petitjean)