Plusieurs pays s'acheminent vers un raccourcissement de la période de quarantaine liée à la Covid-19, fixée en moyenne à 14 jours. Mais jusqu'où pourrait aller ce raccourcissement et sera-t-il uniforme dans toute l'Europe ?
Vendredi 4 septembre, le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, a affirmé, à l'issue de sa réunion virtuelle avec ses homologues européens, qu'un consensus avait été atteint pour ne pas descendre en dessous de 10 jours. Ce délai est déjà appliqué par les Pays-Bas et la Norvège et est envisagé en Allemagne.
« On a pu s'entendre sur le fait que les voyageurs revenant de zones à risque devaient généralement rester en quarantaine pour un minimum de 10 jours. Certains États membres veulent conserver l'option d'aller plus loin que ces 10 jours, mais c'est en tout cas la durée minimum sur laquelle tout le monde était d'accord à ce stade », a déclaré M. Spahn. « Une question plus controversée - et qui nécessitera un peu plus de travail - est celle de savoir si nous devons avoir une approche européenne pour décider si un test négatif après 5 jours permet de réduire la quarantaine », a ajouté le ministre.
À peine quelques jours plus tard, le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a pourtant indiqué avoir reçu un rapport du conseil scientifique national contenant un avis favorable pour une réduction de la période de quarantaine à « 7 jours ». « On est plus contagieux dans les cinq premiers jours ou qui suivent les symptômes ou qui suivent la positivité d'un test. Et ensuite, cette contagiosité diminue de façon très importante et, au-delà d'une semaine, elle demeure, mais elle est très faible », a-t-il argumenté, précisant réserver sa décision pour vendredi 11 septembre. Selon lui, cette période d'isolement raccourcie favorisera « une meilleure adhésion », car, aujourd'hui, « on constate qu'un grand nombre de Français ne respectent pas la quatorzaine ».
Interrogée le 2 septembre à ce propos par les eurodéputés, la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, Andrea Ammon, a indiqué que son agence évaluait actuellement la question. Elle a rappelé que la période standard de 14 jours laissait déjà de côté « 3 à 4% des cas » qui développent une infection après 14 jours. « Au plus vous réduisez la période de quarantaine, au plus vous manquez des cas », a-t-elle mis en garde.
Rappelons que les États membres travaillent actuellement à une meilleure coordination des mesures de lutte contre la Covid-19 afin d'éviter les problèmes aux frontières intraeuropéennes. Ils ont discuté, lundi 7 septembre, de la proposition de recommandation du Conseil, mise sur la table par la Commission quelques jours plus tôt, et devraient en rediscuter dans les prochains jours au niveau des ambassadeurs et du dispositif intégré de l'UE pour une réaction au niveau politique dans les situations de crise (IPCR) (EUROPE 12553/1). (Sophie Petitjean)