Les environnements de mauvaise qualité contribuent à un décès sur huit en Europe, selon un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) publié mardi 8 septembre, qui évalue l’impact de l’environnement sur la santé publique et le bien-être.
Ce rapport montre que la pollution atmosphérique et sonore, les effets du changement climatique tels que les vagues de chaleur, ainsi que l'exposition à des produits chimiques dangereux sont à l'origine de problèmes de santé des Européens.
L'AEE souligne qu'une approche intégrée des politiques de l'environnement et de la santé est nécessaire pour faire face aux risques environnementaux, protéger les plus vulnérables et tirer pleinement parti des avantages que la nature offre en matière de santé et de bien-être.
« Pour protéger les citoyens et les écosystèmes européens, nous devons intégrer plus systématiquement l'impact de toutes les politiques et réglementations sur la santé des personnes et des écosystèmes. Un certain nombre d'initiatives du 'Green Deal' européen contribuent à résoudre ces problèmes interdépendants », a commenté le commissaire à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius. La prochaine initiative est la stratégie sur les produits chimiques pour la durabilité attendue en octobre.
Selon le rapport, la pollution atmosphérique demeure la principale menace environnementale pour la santé, avec plus de 400 000 décès prématurés par an dus à la pollution dans l’UE. Vient ensuite la pollution sonore, avec 12 000 décès prématurés, suivie par les conséquences du changement climatique, notamment les vagues de chaleur.
Le fardeau de la pollution et du changement climatique affiche de nettes différences entre pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest. La plus forte proportion de décès imputables à l'environnement a été enregistrée en Bosnie-Herzégovine (27%) et la plus faible en Islande et en Norvège (9%).
Les communautés socialement défavorisées supportent généralement un triple fardeau : la pauvreté, un environnement de mauvaise qualité et une mauvaise santé. Les plus pauvres sont souvent exposés à des niveaux de pollution et de bruit plus élevés et à des températures élevées. En outre, les personnes souffrant de maladies sont plus vulnérables aux risques sanitaires liés à l'environnement. Des mesures ciblées sont donc nécessaires pour améliorer les conditions environnementales des plus vulnérables en Europe.
Les citoyens sont exposés à de multiples risques à tout moment, notamment la pollution de l'air, de l'eau et le bruit, ainsi que les produits chimiques. Les villes européennes sont particulièrement vulnérables à ces multiples menaces et ont moins accès aux espaces verts et bleus.
Les recherches en cours portent sur les liens entre la pandémie actuelle de Covid-19 et l’environnement. On pense que le virus est passé des animaux aux humains, une conséquence imprévue de la pression que la consommation croissante exerce sur nos systèmes naturels, souligne le rapport.
S'agissant de l'impact de la Covid-19 sur les communautés, les premières indications suggèrent que la pollution de l'air et la pauvreté pourraient être liées à des taux de mortalité plus élevés.
Lien vers le rapport en anglais : https://bit.ly/2F9WlhB (Aminata Niang)