login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12555
Sommaire Publication complète Par article 19 / 32
ACTION EXTÉRIEURE / Kenya

L’aide au développement de l’UE pas assez ciblée pour réduire la pauvreté, selon la Cour des Comptes européenne

La Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) n'ont pas démontré que les 435 millions € d'aide de l'UE au Kenya au titre du Fonds européen de développement sur la période 2014-2020 (11e FED) avaient contribué à lever les obstacles au développement de ce pays et à réduire la pauvreté en premier lieu, souligne un rapport de la Cour des comptes publié mardi 8 septembre.

L'objet de l'audit était de déterminer si la Commission et le SEAE avaient orienté efficacement l'aide du FED vers les domaines offrant le plus grand potentiel de réduction de pauvreté.

Les auditeurs notent que le processus d'attribution de l'aide ne permet pas de lier l'aide aux performances d'un pays, à sa gouvernance, à son engagement à mener des réformes et à lutter contre la corruption. L'allocation des fonds ne tient pas compte des obstacles spécifiques au développement des différents pays ni des subventions ou prêts d'autres donateurs.

Ils recommandent donc à la Commission et au SEAE : - d'examiner la méthode appliquée par l'UE pour répartir le financement entre les pays ACP et de lier la dotation financière à la performance du pays ainsi qu'à sa volonté d'engager des réformes ; - d'évaluer la masse critique lors de la sélection des secteurs prioritaires du Kenya et d'accorder la priorité au développement économique durable du pays et à l'État de droit.

Selon les auditeurs, les 435 millions € n'ont couvert qu'une petite partie des besoins de développement du Kenya et ont été répartis entre un trop grand nombre de domaines, ce qui augmente le risque que la masse critique nécessaire pour obtenir des résultats notables ne soit atteinte dans aucun secteur.

« La création d'emplois est le moyen le plus efficace et le plus durable de réduire la pauvreté. Les fonds de l'UE devraient donc servir en premier lieu au développement économique », commente le membre de la Cour responsable du rapport, Juhan Parts.

La Commission et le SEAE n'ont ni procédé à une évaluation spécifique des objectifs du Kenya ni expliqué en quoi les secteurs ayant bénéficié de l'aide étaient les plus à même d'aider le pays à réduire la pauvreté.

Les auditeurs n'ont trouvé aucune raison motivant le choix de ne pas soutenir directement l'industrie manufacturière alors que ce secteur présente un fort potentiel en matière de création d'emplois.

Le soutien de l'UE aux domaines de l'énergie et des infrastructures de transports (175 millions €) n'était pas suffisant pour permettre d'atteindre les objectifs très ambitieux arrêtés avec les autorités kenyanes.

Quant au soutien pour lutter directement contre la corruption, il était limité, alors que ce phénomène est perçu comme généralisé. 

Ce rapport est publié à l'heure où l'UE et l'organisation des pays ACP (OACPs) négocient l'Accord post-Cotonou et où le FED sera intégré dans le futur budget 2021-2027 de l'UE. La dotation financière du futur accord de partenariat fait partie des négociations OACPs/UE. 

Lien vers le rapport : https://bit.ly/338m5D9 (Aminata Niang)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
SOCIAL
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES