Le président du Comité militaire de l'Union européenne, le général Claudio Graziano, a demandé, lundi 7 septembre, que l’opération Eunavfor Med Irini soit dotée des moyens nécessaires pour mener à bien sa mission, dont l'objet est de faire respecter l’embargo sur les armes à destination de la Libye.
« On doit doter l’opération des actifs et du personnel nécessaires pour qu’elle s’acquitte correctement de ses missions », a-t-il souligné lors d’une audition devant la sous-commission ‘Sécurité et Défense’ du Parlement européen.
Le général a appelé les Européens à être crédibles, estimant que la mission était « très sous-équipée et incapable » d'atteindre ses objectifs, car elle n’a pas assez de ressources. « Si nous ne sommes pas en mesure de faire respecter l’embargo, nous n’avancerons pas » vers une solution en Libye, a-t-il prévenu.
Une deuxième conférence de génération de forces sera organisée mi-septembre à Bruxelles, avec pour objectif d’obtenir des États membres davantage de moyens et de personnel pour l’opération. La mission ne dispose actuellement que de deux navires et de cinq avions.
Hasard du calendrier, le même jour, le navire amiral de l’opération, ITS San Giorgio, a été remplacé par le navire ITS Margottini, après 38 jours d’activité dans la zone d’opération. Le navire italien sera le quartier général du commandant de la force, l'amiral Ettore Socci, et de son état-major, jusqu'à la mi-octobre. À partir du 19 octobre, la Grèce prendra le commandement en mer tandis que l'amiral italien Fabio Agostini continuera de diriger l'opération depuis le quartier général à Rome.
Plus de 600 prises de contact en quatre mois
Malgré le peu de moyens dont dispose l’opération, depuis le lancement de ses activités en mer, le 4 mai, Irini a déjà réalisé plus de 600 prises de contact (hailings) et 12 approches amicales, soit des visites à bord de navires marchands, selon un communiqué de l’opération.
L’opération a surveillé des navires suspects dans plus de dix ports et points d’ancrage, mais a aussi détecté plus de 80 vols militaires ou d'éventuels cargos liés à l'armée faisant l'aller-retour avec la Libye en surveillant 25 aéroports et pistes d'atterrissage.
Le centre satellitaire de l’UE, SatCen, a fourni 200 groupes d'images satellites à la demande d'Irini.
Au total, l’opération a présenté 14 rapports spéciaux au groupe d'experts des Nations Unies concernant les deux parties au conflit en Libye.
Interrogé sur une intervention sur terre pour l’opération Irini, le général Graziano a précisé que l’UE ne déploierait pas de troupes sans mandat de l’ONU et que ce mandat était actuellement limité à la haute mer. Toutefois, selon le général, si les Nations Unies changent le mandat de l’UE et permettent un déploiement sur le terrain et si les conditions de sécurité sont assurées, « techniquement », l’UE serait en mesure de déployer des forces, tout en précisant qu’il ne savait pas de quel type d’opération on parlait - contrôle de l'embargo ou respect du cessez-le-feu. (Camille-Cerise Gessant)