login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12523
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Avec sa stratégie pour l’intégration des systèmes énergétiques, la Commission souhaite réviser en profondeur le système énergétique de l’UE

« Nous avons besoin d’une révision complète du système énergétique actuel », a estimé le vice-président exécutif de la Commission européenne chargé du Pacte vert européen, Frans Timmermans, mercredi 8 juillet, à l’occasion de la présentation officielle de la stratégie de la Commission européenne pour l’intégration des systèmes énergétiques européens.

À ses yeux, il ne s’agit ainsi « pas seulement de créer des énergies renouvelables », mais de « créer un nouveau système » capable d’inclure davantage d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l’Union européenne.

Abondant dans son sens, la commissaire à l’Énergie, Kadri Simson, a pour sa part déclaré : « Nous devons repenser le modèle actuel construit autour de chaînes de valeur rigides et isolées, qui vont d’une plate-forme pétrolière à une voiture conventionnelle ou d’une mine de charbon à une usine en gaspillant et en polluant en cours de route ».

Visant à établir des liens plus étroits entre les multiples vecteurs, infrastructures et secteurs de consommation énergétiques afin de mettre l’UE sur la voie d’un système énergétique intégré et neutre sur le plan climatique, la stratégie dévoilée ce jour est très similaire à la version provisoire détaillée dans nos lignes (EUROPE 12520/5).

Elle repose ainsi sur trois piliers : (1) le développement d’un système énergétique plus circulaire et centré sur le principe de primauté de l’efficacité énergétique (‘energy efficiency first principle’) ; (2) l’accélération de l’électrification du système énergétique grâce au développement des énergies renouvelables ; (3) le remplacement progressif du gaz naturel par des carburants renouvelables et à faible teneur en carbone tels que l’hydrogène, les biocarburants et le biogaz afin de décarboner les secteurs pour lesquels l’électrification est impossible ou trop coûteuse.

La Commission prévoit ainsi une électrification directe des secteurs d’utilisation finale, comme l’industrie, le chauffage des bâtiments et les transports, et un système d’alimentation en « combustible plus propre » pour les industries lourdes, telles que les secteurs de la chimie et de l’acier, et les transports lourds.

La stratégie contient en outre un volet relatif à l’adaptation des marchés européens de l’énergie à la décarbonation et à la diversité des ressources énergétiques ainsi qu’un autre sur la numérisation du système énergétique.

Mesures clés.

Concernant le premier pilier, la Commission prévoit en particulier de réviser le règlement relatif au réseau transeuropéen d’énergie (RTE-E) d’ici la fin de l’année afin d’améliorer les synergies entre les infrastructures énergétiques.

Elle souhaite également encourager la réutilisation de la chaleur résiduelle des sites industriels et des centres de données pour chauffer les bâtiments, en renforçant notamment les exigences en matière de raccordement aux réseaux de chauffage urbain dans le cadre de la révision à venir de la directive sur les énergies renouvelables (2018/2001) et de la directive sur l’efficacité énergétique (2012/27).

À partir de 2021, elle envisage aussi de promouvoir l’utilisation de résidus agricoles pour produire du biogaz et des biocarburants durables grâce à la nouvelle politique agricole commune (PAC), les fonds structurels et le nouveau programme LIFE.

Afin d’accroître la génération d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables, la Commission compte tout particulièrement sur sa stratégie relative aux énergies renouvelables en mer, qui devrait être dévoilée à la fin de l’année.

Elle désire en outre « aligner la taxation des produits énergétiques et de l’électricité sur les politiques environnementales et climatiques de l’UE et assurer une taxation harmonisée du stockage et de la production d’hydrogène en évitant la double imposition grâce à la révision de la directive sur la taxation de l’énergie [2003/96] ».

Répondant à une question d’une journaliste sur le fait que la stratégie mentionne peu les énergies renouvelables ‘onshore’, une source de haut niveau de la Commission a indiqué que, dans un premier temps, l’institution souhaite inclure davantage de renouvelables dans le marché énergétique de l’UE en mettant en œuvre la directive sur les règles communes pour le marché intérieur de l’électricité (2019/944).

Elle a ensuite ajouté que la future initiative ‘Vague de rénovations’ contribuera également à intégrer davantage les renouvelables dans le parc immobilier de l’UE, mentionnant l’utilisation de panneaux solaires et de pompes à chaleur.

Enfin, quelques nouveautés par rapport à la version provisoire de la stratégie sont à déclarer.

La Commission propose notamment de réviser les normes d’émission de CO2 pour les voitures et les camionnettes d’ici juin 2021, afin d’assurer un cheminement clair vers une mobilité sans émissions à partir de 2025.

Elle lancera également une campagne d’information des consommateurs sur les droits en matière de consommation d’énergie dans le cadre du pacte climatique.

Il est à noter que, le même jour, la Commission européenne a dévoilé sa stratégie sur l’hydrogène et a officiellement lancé l’Alliance européenne pour l’hydrogène propre (EUROPE 12523/1).

Voir la stratégie pour une intégration des systèmes énergétiques : https://bit.ly/2Do191R (Damien Genicot)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES
ACTION EXTÉRIEURE
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
BRÈVES