Depuis La Valette, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le ministre des Affaires étrangères maltais, Evarist Bartolo, ont plaidé pour le renforcement des garde-côtes libyens.
« Nous continuerons à soutenir les garde-côtes libyens, afin de renforcer leur capacité d'intervention pour démanteler les réseaux de trafic et mener des opérations de sauvetage dans leur zone de responsabilité », a promis le Haut Représentant, rappelant que cela se faisait par le biais de deux opérations de PSDC de l’UE : EUNAVORMed Irini et EUBAM Libye.
Devant la presse, M. Borrell a précisé que M. Bartolo lui avait expliqué qu’il fallait vraiment augmenter les capacités des garde-côtes libyens, sans préciser s’il partageait cet avis. « Nous devons aider les garde-côtes à gérer la côte », a confirmé M. Bartolo, ajoutant que les départs depuis les côtes étaient gérés par des trafiquants et que cela contribuait à l’économie souterraine. Interrogé par EUROPE concernant la formation des garde-côtes, le Service européen pour l'action extérieure n'avait, à l'heure de notre bouclage, pas répondu à notre demande.
Interrogé sur l’attitude de Malte concernant Irini (EUROPE 12485/19), M. Borrell a estimé que les problèmes étaient réglés. « Nous avons dû surmonter des difficultés, mais grâce à nos bonnes relations, nous les avons surmontées », a-t-il ajouté, sans préciser si cela voulait dire que Malte avait levé ses menaces de bloquer le futur financement de l’opération.
Le ministre maltais a aussi estimé qu’il fallait travailler davantage avec l’Afrique. « Nous devons nous réengager, car il faut coopérer pour que les jeunes Africains aient un futur dans leur propre pays », a-t-il expliqué. Selon lui, la crise du Covid-19 va pousser 27 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, alors que les pays de transit et d’arrivée des migrants ont moins à leur offrir.
Le Haut Représentant a rappelé que la question migratoire était liée à la question plus large de la situation en Libye, appelant à une solution à long terme. « Nous partageons pleinement la détermination de Malte à traiter la migration clandestine de manière globale, en commençant par s'attaquer à la crise en Libye et en soutenant les autorités libyennes », a expliqué M. Borrell. Selon M. Bartolo, les Européens doivent faire tout leur possible pour avoir une Libye unie, pour les Libyens, et dirigée par eux-mêmes, car toute autre solution ne fonctionnerait pas.
Alors que Malte fait face à un afflux de migrants et a appelé à plusieurs reprises les autres États membres à faire preuve de solidarité, le Haut Représentant a précisé que la Commission allait bientôt présenter son nouveau paquet asile, souhaitant un mécanisme automatique de débarquement et de redistribution. (Camille-Cerise Gessant)