En présentant le programme de la Présidence allemande du Conseil de l’UE, le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, a mis l’accent sur les partenariats avec la Chine, les États-Unis et l’Afrique.
Face à une « constellation de grands pouvoirs » - Chine, États-Unis, Russie - les Européens doivent travailler ensemble pour défendre leurs valeurs et l’UE doit s’intégrer dans la compétition concernant les questions de politique étrangère et de sécurité, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse virtuelle. Selon lui, dans le cas contraire, les Européens seront affaiblis et ne seront pas capables, à moyen et long termes, de défendre leurs propres intérêts dans le monde.
Les relations avec la Chine seront donc une des priorités allemandes. « Nous allons regarder le dossier chinois de manière très spécifique, approfondie », a prévenu le ministre, ajoutant qu’il fallait une stratégie de l'UE envers la Chine également concernant la situation à Hong Kong.
Et si le sommet du 14 septembre à Leipzig a été reporté, le ministre s’est dit en faveur de sa tenue avant la fin de l’année, « car nous avons besoin de cet engagement avec la Chine pour dire ce qui est important pour nous. Il ne s’agit pas seulement de commerce et d’économie (…) Il y a aussi des questions de politique étrangère et de sécurité qu’il faut traiter ». « Nous visons des progrès concrets dans les négociations sur un accord bilatéral d’investissement et sur les dossiers du climat, de la biodiversité, de la santé mondiale et de la coopération en Afrique et aspirons également à des solutions communes aux problèmes liés à la pandémie de Covid-19 », précise le programme de travail de la Présidence allemande.
Pour M. Maas, l’UE doit se pencher sur ses relations stratégiques avec les États-Unis. Selon le programme de la Présidence, il faut mettre en œuvre une coopération globale et active à travers un vaste dialogue politique et un programme commercial transatlantique positif. « Nous devons être préparés. Quel que soit le résultat des élections présidentielles (de novembre) aux États-Unis, il n’y aura pas un retour à la normale où ils étaient le gendarme du monde », a ajouté M. Maas. « Bien sûr, les résultats auront un impact sur notre coopération. J’espère que de nombreuses choses pourront être faites de manière plus constructive, mais je pense que les États-Unis sont sur une voie où, nous Européens, devons réfléchir sur la manière de devenir plus forts dans la défense de nos intérêts en termes de politique étrangère et de sécurité commune et pour assumer plus de responsabilités par nous-mêmes », a-t-il estimé.
Autre moment fort de la Présidence allemande : un sommet UE/Afrique prévu du 28 au 30 octobre. Ce sommet pourrait être l’occasion d’adopter un programme Europe-Afrique et d'approfondir le partenariat politique de coopération avec des initiatives communes concrètes, selon la Présidence. Le renforcement de la coopération avec l'Union africaine, les conséquences de la Covid-19 et la coopération économique seront également au programme.
Voir le programme : https://bit.ly/31yNgYy (Camille-Cerise Gessant)