Les dépenses de l’Union européenne en faveur de l’action pour le climat risquent d’être surestimées en l’absence d’une méthodologie solide et cohérente pour suivre les fonds dans l’ensemble des domaines d’action, met en garde un nouveau rapport publié jeudi 2 juillet par la Cour des comptes européenne.
Plutôt que de créer un instrument de financement dédié à la lutte contre le dérèglement climatique, la Commission européenne a choisi de consacrer un certain pourcentage du budget de l’UE à cet objectif, à savoir au moins 25% pour la période 2021-2027.
Les auditeurs considèrent que cette approche peut être efficace, mais ils soulignent qu’elle doit nécessairement s’accompagner d’une méthode de suivi permettant de mesurer la contribution financière de différentes sources de financement de l’UE aux objectifs climatiques et d’évaluer si les dépenses ont permis d’atteindre les objectifs.
Ils estiment notamment que l’incidence négative de dépenses qui entraînent une augmentation des émissions et pourraient donc accélérer le dérèglement climatique n’a pas été prise en compte, en particulier dans les domaines de la politique agricole et de la politique de cohésion.
Selon la Cour des comptes, la Commission continue ainsi de surestimer la contribution potentielle des dépenses de l’UE de certains régimes de la politique agricole commune (PAC) à la lutte contre le dérèglement climatique, étant donné qu’elle n’a pas revu sa méthode de suivi, malgré la publication d’un rapport de la Cour pointant des lacunes en 2016.
Enfin, le rapport épingle également le domaine de la recherche, un secteur à la traîne dans la réalisation de son objectif ambitieux de consacrer 35% de ses dépenses à l’action pour le climat.
Pour consulter le rapport : https://bit.ly/2YTidVE (Damien Genicot)