Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a estimé, jeudi 25 juin, qu’« il (fallait) continuer à se battre » pour augmenter le budget alloué au Fonds européen de défense (FED), souhaitant que celui-ci dépasse les 10 milliards d’euros.
Devant la sous-commission 'Sécurité et Défense' du Parlement européen (SEDE), le commissaire a rappelé que la dernière proposition de la Commission portait ce fonds à 9 milliards, contre 7 pour la proposition de la Présidence finlandaise du Conseil, un montant qu'il a qualifié de « très insuffisant ».
« On va continuer à travailler. Ce serait bien que l’on ait un nombre à deux chiffres. On a progressé par rapport à la Finlande et il faudra que l’on continue d’aller de l’avant », a-t-il expliqué, appelant au soutien des membres de la sous-commission SEDE pour obtenir un « budget adéquat », d'autant plus qu'il y a un « risque non négligeable » que la crise économique liée à la Covid-19 ait un impact sur les budgets nationaux de défense.
« Il faut trouver le moyen de mieux harmoniser nos efforts communs et de mutualiser nos équipements », a plaidé M. Breton, ajoutant que le FED permettait de « commencer à travailler beaucoup mieux ensemble ».
Le commissaire a également espéré que la mobilité militaire verra son budget augmenté. La proposition actuelle est de 1,5 milliard d'euros. M. Breton a précisé que la nouvelle Facilité pour la reprise et la résilience, qui doit encore faire l’objet d’un accord, pourrait être utilisée sur l’aspect de la mobilité et de la refonte de certaines infrastructures. Elle pourrait être dotée de 560 millions d’euros (310 millions de subventions et jusqu’à 250 millions de prêts).
M. Breton est aussi revenu sur l’autonomie stratégique de l’UE, qui, selon lui, se développe sous trois axes. Tout d’abord, l’UE doit prendre en charge ses propres intérêts, notamment grâce au FED ou à la coopération structurée permanente qu’il faut « renforcer du point de vue opérationnel ». Le commissaire a estimé qu’il fallait avoir des technologies européennes pour ne pas avoir à choisir entre des technologies américaines ou chinoises et qu’il ne s’agissait pas de se lancer dans une course à l’armement, mais d’assurer son autonomie.
De plus, l'UE ne doit pas devenir « le champ de bataille des tensions sino-américaines », mais doit donc s’affirmer en utilisant son meilleur atout, le marché intérieur, avec la mise en place de règles « claires, mais strictes ».
Enfin, face aux menaces hybrides et aux cybermenaces, l'UE doit, selon M. Breton, travailler sur le triptyque capacités de détection, capacités de réaction et capacités de dissuasion. (Camille-Cerise Gessant)