L’UE et les pays associés à Schengen ont reçu en 2019 un tiers de toutes les demandes d’asile déposées dans le monde, soit une hausse de 11% par rapport à 2018, selon un nouveau rapport du Bureau européen d’appui à l’asile (EASO) dévoilé jeudi 25 juin par Nina Gregori, la responsable de l'EASO, et la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson. En 2019, 738 425 nouvelles demandes ont donc été déposées dans l'UE+.
La commissaire européenne a rappelé en préambule que le Pacte à venir sur la migration et l’asile renforcerait le « droit à l’asile et à la protection », mais il devra aussi traiter des questions comme les mouvements secondaires, sources, aujourd’hui, d'une augmentation des demandes dans certains États membres.
L’agence, en tout cas, a constaté dans son rapport que les demandes d’asile dans l’UE étaient reparties à la hausse en 2019, ce qui n’était plus arrivé depuis 2015. La hausse de 2019 est d’ailleurs en partie liée à une augmentation des demandes d’asile déposées par des citoyens dont les pays bénéficient d’un régime sans visas, qui peuvent donc venir légalement dans l’UE.
Cette hausse des dépôts s’est vérifiée avec les Vénézuéliens, dont la situation à l'intérieur de leur pays explique largement les départs et qui d’ailleurs ont reçu à 96% la protection dans l’UE en 2019, mais aussi les Colombiens et les pays des Balkans occidentaux ou les citoyens de Géorgie. Ces demandes d’asile liées à des régimes sans visas comptaient pour un quart de toutes les demandes déposées en 2019.
Pour le reste, l’EASO a noté des déséquilibres persistants entre les États membres, une poignée de pays recevant l’essentiel des demandes : c’est ainsi en Allemagne (22%), en France (17%), en Espagne (16%) qu’a été déposé l’essentiel des demandes, suivies assez loin par la Grèce, où le nombre de demandes a toutefois considérablement augmenté à la fin de l’année.
Certains pays, dit l’EASO, ont même reçu davantage de demandes que pendant la crise migratoire de 2015-2016 : c’est le cas de Chypre, de la France, de la Grèce, de Malte et de l’Espagne.
L’EASO explique la hausse des demandes en France par les mouvements secondaires, en Grèce par les arrivées depuis la Turquie et en Espagne par une hausse des arrivées depuis l’Amérique latine.
En 2019, la plupart des demandes étaient en tout cas déposées par des Syriens, des Afghans et des Vénézuéliens.
Le rapport annuel de l’EASO se concentre aussi sur la question de la réinstallation des réfugiés depuis les pays tiers sur le sol européen : en 2019, environ 30 700 personnes sont arrivées en Europe dans le cadre de la réinstallation, soit 8% de plus qu'en 2018. Les Syriens représentaient près des deux tiers de l'ensemble des personnes réinstallées.
Enfin, pour 2020, l’EASO a dit avoir constaté une baisse de 87% des demandes avec la Covid-19, mais l’agence a prévu un retour progressif à la hausse.
Lien vers le rapport : https://bit.ly/31gwvRW (Solenn Paulic)