Le Parlement européen, réuni en session plénière, était sur le point d’adopter, vendredi 19 juin dans la soirée, sa résolution sur l’espace de libre circulation Schengen en temps de Covid-19 (https://bit.ly/30Yejfu ) destinée à critiquer le manque de coordination entre les États membres et leur choix précipité de rétablir en mars, de manière désordonnée, des contrôles aux frontières intérieures. Avec ce texte, le PE devait aussi appeler les États membres à avoir une meilleure réponse, plus concertée, en cas de seconde vague.
Les députés en avaient débattu la veille, en présence de la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, qui leur avait confirmé que le Pacte à venir sur l’asile et la migration comporterait une réflexion sur l’espace Schengen, qu’il faudra mieux préparer à des crises comme celles de la Covid-19 (EUROPE 12509/3). La commissaire l'avait déjà évoqué en commission des libertés civiles du PE (LIBE) en mai (EUROPE 12482/16).
Une réflexion bienvenue, a commenté plus tard, jeudi, Juan Fernando López Aguilar (Espagnol, S&D), le président de la commission LIBE, qui est prête à se lancer dans ce travail de réforme et à remédier aux lacunes actuelles, le député ayant cité le fait que le code Schengen actuel ne prévoit que des menaces de santé extérieures.
Cette réflexion devrait amener de la sécurité, en prévoyant notamment des « corridors » pour les frontaliers ou travailleurs saisonniers qui ont été handicapés par les mesures de contrôles aux frontières intérieures.
La résolution du PE ne devait pas subir de changements, puisque les seuls amendements ayant tous été déposés par le groupe ID devaient être rejetés, a indiqué une source parlementaire.
Dans ce texte, les eurodéputés rappellent que « l’espace Schengen constitue une réussite concrète et très appréciée par plus de 400 millions de personnes ». Le PE est aussi d’avis que « tout en soutenant pleinement les mesures de santé publique prises pour limiter la propagation de la Covid-19 au moyen de la distanciation sociale et, en particulier, le confinement obligatoire que les États membres ont décrété sur leur territoire », les « notifications formelles » contenaient « peu de justifications quant à l’opportunité des contrôles aux frontières pour limiter la propagation de la Covid-19 ».
Le PE rappelle que le contrôle aux frontières intérieures doit rester exceptionnel et n’intervenir qu’en dernier recours. Il faut donc vérifier si d’autres mesures pourraient être aussi pertinentes, voire plus, pour atteindre le même objectif.
Le PE regrette dans l’ensemble les conséquences collatérales de cette réintroduction à certaines frontières intérieures, notamment les temps d’attente excessifs en l’absence d’infrastructures d’hygiène adéquates et de distances physiques suffisantes. Il déplore de ne pas être suffisamment informé de ces mesures et, en général, de l’état de la zone.
Le PE demande aussi aux derniers pays qui appliquent encore des restrictions dans Schengen de les lever le plus rapidement possible. Il rappelle aussi que la Bulgarie et la Roumanie doivent rejoindre la zone dès que possible. (Solenn Paulic)