Les dirigeants européens et des pays du Partenariat oriental se sont mis d’accord, jeudi 18 juin, lors de leur sommet virtuel, sur cinq priorités qui guideront le Partenariat pour les prochaines années.
Un Partenariat qualifié de « stratégique » par le président du Conseil européen, Charles Michel, à l'issue du sommet, devant les médias. « Le Partenariat oriental est une priorité de la politique étrangère de l'UE et il continuera de l'être », a-t-il souligné, estimant qu’il était « essentiel pour des raisons géopolitiques ».
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a mis en avant l’importance de construire un voisinage « résilient » et a détaillé les priorités pour l’avenir. Les dirigeants souhaitent tout d’abord un Partenariat « axé sur l'économie, qui crée des emplois décents, de meilleures connexions physiques entre les pays et de meilleures possibilités, en particulier pour les jeunes », a-t-elle expliqué, rappelant la hausse des échanges commerciaux entre l’UE et ses partenaires, mais aussi entre ces mêmes partenaires. Pris tous ensemble, les six pays partenaires représentent le dixième partenaire commercial de l'UE et l’Union est le premier partenaire commercial pour l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine, et le deuxième pour l’Arménie et la Biélorussie.
Le Partenariat doit aussi être « enrichissant » (empower), selon Mme von der Leyen, et il mettra l’accent sur des progrès dans la bonne gouvernance, les institutions démocratiques, les droits de l'homme, l'égalité des sexes, l'État de droit.
Interrogée sur l’arrestation, le jour même, de l’opposant politique biélorusse Viktor Babaryko, la présidente de la Commission a rappelé que le respect des droits et libertés fondamentaux était crucial. « Tous les activistes détenus arbitrairement doivent être immédiatement libérés et l’État de droit doit être respecté », a-t-elle ajouté, soulignant que l'élection présidentielle du 9 août devait être concurrentielle.
Les dirigeants entendent aussi faire du Partenariat un partenariat durable, avec la résilience climatique, en lien avec le Green Deal de l’UE, et un « partenariat qui établisse des connexions » par le biais de la transformation numérique. « L'UE travaillera avec ses voisins de l'Est pour moderniser les technologies, étendre les avantages du marché unique numérique et fournir des infrastructures et des services de haute qualité aux habitants de toute la région », a promis Mme von der Leyen.
Enfin, la Commission continuera à produire des résultats tangibles, dont les citoyens pourront réellement bénéficier, selon elle.
Ces priorités devraient se retrouver dans une déclaration commune qui sera adoptée lors du sommet - physique - du Partenariat oriental, annoncé par le président du Conseil européen pour mars 2021 à Bruxelles.
Toutefois, bien que ces priorités doivent rapprocher les partenaires de l’UE et renforcer la relation, l'adhésion de ceux-ci à l’UE reste hypothétique. Mme von der Leyen et M. Michel ont rappelé qu’il fallait, en premier lieu, mettre en œuvre la totalité des accords d’association avec l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie. « Ces accords offrent un énorme potentiel. Ils représentent 70% de l’acquis communautaire », a rappelé M. Michel. (Camille-Cerise Gessant)