La Présidence croate du Conseil de l'Union européenne pourrait faire une ultime tentative, dans la semaine du 22 juin, pour trouver un compromis sur les objectifs et les modalités de la Conférence sur l'avenir de l'Europe.
« Aujourd'hui, il est plus que jamais nécessaire que nous trouvions un accord », a déclaré le Premier ministre croate, Andrej Plenković, vendredi 19 juin, à l'issue du Conseil européen (EUROPE 12510/1). Il a évoqué la tenue d'un bref événement de lancement de cet exercice de consultation des citoyens européens.
Mercredi 17 juin, devant le Parlement européen, la secrétaire d'État croate aux Relations avec le PE, Nikolina Brnjac, avait à nouveau assuré les députés que la Présidence croate avait intensifié ses travaux afin de trouver « dès que possible » un accord au Conseil de l'UE, étape indispensable pour lancer des discussions interinstitutionnelles sur les objectifs et les contours de la Conférence.
Bien que sa nature ne change pas fondamentalement, la Conférence devra tirer les leçons de la pandémie de Covid-19, avait aussi dit Mme Brnjac. Elle avait souligné que la gouvernance de la Conférence devait respecter « totalement l'équilibre interinstitutionnel », estimant que les États membres, et leurs parlements nationaux, doivent être impliqués « sur un pied d'égalité ».
Un accord entre les Vingt-sept serait proche et pourrait intervenir la semaine prochaine, selon nos informations. Les points d'achoppement principaux concernent la Présidence, alors que la personnalité de Guy Verhofstadt (Renew Europe, belge) passe mal au Conseil, et la possibilité que la réflexion débouche sur une réforme des traités européens. La prochaine Présidence allemande du Conseil de l'UE n'envisage toutefois pas un démarrage de la Conférence dès la fin de la pause estivale.
Jeudi, le Parlement a repris à son compte le projet de résolution concocté par les forces politiques proeuropéennes au sein de la commission des affaires constitutionnelles, sans la modifier et à une forte majorité (528 voix pour, 124 voix contre, 45 abstentions) (EUROPE 12503/23). Ambitieux sur l'issue de cet exercice de consultation des citoyens, il maintient la pression pour que la situation politique se débloque rapidement au Conseil et pour le démarrage des travaux dès que possible à l'automne.
La veille, lors du débat en séance plénière, de nombreux intervenants - la commissaire européenne Dubravka Šuica, Paulo Rangel (PPE, portugais), Iratxe García Pérez (S&D, espagnole) - avaient estimé qu'avec la pandémie, la Conférence était plus importante que jamais. En apparaissant puis en disparaissant, cette Conférence est un peu comme le monstre du Loch Ness, a ironisé M. Verhofstadt. Daniel Freund (Verts/ALE, allemand) a critiqué le Conseil, où la Conférence serait devenue une histoire drôle récurrente. Quant à Helmut Scholz (GUE/NGL, allemand), il a estimé que la question des changements de traités devait clairement être sur la table des discussions.
Côté souverainiste, le Polonais Zdzisław Krasnodębski (CRE) ne s'est pas opposé à l'idée d'une Conférence sur le futur de l'Europe, à condition que celle-ci soit équitable en autorisant aussi que des voix contraires à « l'orthodoxie fédéraliste » s'expriment.
Voir la résolution du PE : https://bit.ly/3fKVAZj (Mathieu Bion)