Le Parlement européen s'apprête à renforcer la pression exercée sur le Conseil de l'Union européenne afin que celui-ci adopte rapidement une position commune sur les modalités et les objectifs de la Conférence sur l'avenir de l'Europe.
Les eurodéputés demandent en effet aux États membres de surmonter leurs divergences et d'arrêter rapidement une position qui les engage à assurer « un véritable suivi » des résultats de la Conférence et qui autorise « toutes les issues possibles, y compris des propositions législatives et la mise en chantier d'un changement de traité », indique une proposition de résolution qu'ont agréée les groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE et GUE/NGL et qui sera adoptée lors de la session plénière de mi-juin.
D'après les députés, les citoyens devraient aussi débattre des lacunes observées lors de la pandémie de Covid-19 ainsi que des instruments de relance budgétaires et économiques actuellement mis en place au niveau européen.
Pour que la Conférence débute ses travaux « à l'automne », un accord interinstitutionnel doit intervenir avant la pause estivale, souligne le projet de résolution en dix points.
Lundi 8 juin, la commission des affaires constitutionnelles du PE a critiqué la Présidence croate du Conseil pour le retard pris dans la recherche d'un compromis, tout en reconnaissant que la crise sanitaire avait joué un rôle.
« Le fait que le Conseil n'ait pas d'avis en juin est plutôt dû au fait qu'il n'y avait pas d'accord entre les États membres avant même la pandémie », a toutefois relevé Domènec Ruiz Devesa (S&D, espagnol). Comme Damian Boeselager (Verts/ALE, allemand), il a estimé que la question d'une réforme institutionnelle de l'UE devait être sur la table.
Évoquant les discussions tenues lors du dernier Conseil 'Affaires générales' (EUROPE 12493/27), la secrétaire d'État croate aux Relations avec le Parlement européen, Nikolina Brnjac, a assuré aux députés que la Présidence croate du Conseil tentait de parvenir à un consensus. « Nous travaillons à un texte qui permettra de tenir compte de la réalité de la Covid-19 », a-t-elle indiqué. (Mathieu Bion)