La Commission européenne planche bel et bien sur l'après-Covid-19, comme l'ont demandé plusieurs dirigeants européens dans une lettre commune datée du mardi 9 juin. Selon plusieurs documents, l'institution prévoit des rapports sur l'évaluation des performances des systèmes de santé, l'impact de la pandémie de Covid-19 sur leur résilience ou encore les investissements dans la santé.
Dans une lettre commune accompagnée d'un document d'orientation, plusieurs chefs d'État ou de gouvernement (France, Allemagne, Belgique, Pologne, Espagne et Danemark) déplorent le manque de préparation de l'Europe lors de la pandémie de Covid-19. « Comprendre les insuffisances est essentiel », affirment les cosignataires.
Plusieurs rapports en préparation
Mais l'Europe est composée de ses États membres et la volonté de mieux faire à l'avenir est partagée par la Commission européenne, qui affiche plusieurs documents en ce sens sur son site web.
« Nous devons profiter de cette occasion pour transformer les systèmes de santé pour faire en sorte qu'ils soient plus forts et moins vulnérables à des chocs similaires ainsi qu'à des changements structurels dans le futur », note, par exemple, un document daté du 10 juin, qui réclame un avis de la part du Groupe d'experts sur les manières d'investir de manière efficace dans la santé (expert panel on effective ways of investing in health).
Le document fait le même constat que les cosignataires : « S'il y a eu une impression que les systèmes de santé ont finalement 'résisté', ce n'est pas parce qu'ils disposaient de capacités adéquates pour absorber la recrudescence de demandes de soin », assène le document. Il interroge de ce fait le groupe d'experts sur les éléments de base pour améliorer l'organisation des soins, les éléments et les conditions du renforcement des capacités en soins primaires, ambulatoires et hospitaliers et en soins sociaux, le maintien des soins en temps de crise pour les patients vulnérables ou encore les critères pour tester la résilience des systèmes de santé.
Il annonce aussi la publication, « dans les prochaines semaines », d'un rapport sur les outils et les méthodes d'évaluation par le Groupe d'experts de l'UE sur l'évaluation des performances des systèmes de santé (EU expert group on health systems performance assessment - HSPA) ainsi que d'un rapport sur l'impact de la pandémie de Covid-19 sur la résilience des systèmes de santé, rédigé en commun, d'ici la fin de l'année, par la Commission européenne et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce rapport, note le document du 10 juin (voir le document : https://bit.ly/37gRnJL ), fournira des recommandations sur base des leçons à tirer de la crise.
À court terme, surveiller la Covid-19
Face à la presse, le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, a toutefois rappelé qu'un grand nombre d'actions avaient déjà été entreprises pour répondre au courrier des dirigeants, en particulier dans le contexte du plan de relance « Next Generation EU ».
Outre une stratégie de vaccination (voir article séparé), l'Europe prépare un cadre de surveillance de la Covid-19. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies est actuellement en phase de consultation, comme en témoigne un compte-rendu de la réunion du Comité de sécurité sanitaire (HSC) du 3 juin, publié le 9 juin (voir le compte-rendu : https://bit.ly/3fd6IgW ).
Celui-ci indique que le futur cadre concernera l'UE, le Royaume-Uni et l'Espace économique européen (EEE) afin « d'aider les États membres à mettre en place des systèmes de surveillance robustes au niveau national pour évaluer la situation épidémiologique, suivre l'efficacité des interventions en place et identifier les lacunes ».
Selon ledit compte-rendu, les principaux piliers du cadre sont : - la coordination nationale ; - la planification et le suivi de la communication des risques et de l'engagement communautaire ; - la surveillance, les équipes d'intervention rapide et les enquêtes sur les cas ; - la surveillance des vaccins ; - les laboratoires nationaux (et les capacités de test) ; - la prévention et le contrôle des infections ; - la gestion de cas ; - le maintien des services et des systèmes de santé essentiels. (Sophie Petitjean)