L'ONG HEAL (Health & Environment Alliance) a annoncé, mercredi 10 juin, avoir sollicité auprès de la Cour de justice de l'UE le droit d'intervenir dans une procédure judiciaire concernant le recours introduit en février par deux entreprises agrochimiques contre la décision de la Commission européenne d'interdire le chlorpyriphos-méthyl (Affaire T-77/20, Ascenza Agro et Industrias Afrasa).
Cette décision de non-renouvellement d'autorisation conduisant à l'interdiction avait été adoptée en janvier dernier en raison de préoccupations relatives à la neurotoxicité pour le développement et au potentiel de génotoxicité de cette substance active de pesticides (EUROPE 12401/21). Elle a le plein soutien de HEAL.
Dans un communiqué, l'ONG rappelle que deux déclarations de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont confirmé les préoccupations et qu'une majorité qualifiée d'États membres de l'UE avaient voté en faveur d'un non-renouvellement d'autorisation.
« Aujourd'hui, il existe suffisamment de préoccupations scientifiques fondées concernant les effets du chlorpyriphos-méthyl sur la santé humaine pour prendre des mesures de protection, notamment des effets négatifs sur le développement du cerveau et la possibilité d'endommager l'ADN. La décision de la Commission européenne et des États membres suit une approche axée sur la santé d'abord. C'est la seule façon de protéger réellement les générations futures contre des dommages non désirés », estime Natacha Cingotti, experte en santé et produits chimiques chez HEAL.
Lien vers l'affaire T-77/20 : https://bit.ly/2zkU2pf (Aminata Niang)