De nombreux États membres estiment que « le temps est venu de finaliser la position du Conseil » de l'Union européenne sur les modalités et les objectifs de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, a déclaré la Secrétaire d'État croate aux Affaires européennes, mardi 26 mai, à l'issue du Conseil 'Affaires générales'.
Andreja Metelko-Zgombić a assuré que la Présidence du Conseil était « plus que jamais prête » à s'engager dans cette voie dès la semaine prochaine au niveau des ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper). Si elle a refusé d'en dire plus sur les positions des États membres, notamment sur la gouvernance de la conférence, elle a estimé que cette dernière devait analyser la façon dont l'UE a affronté la pandémie de Covid-19.
Plus tôt le matin, son homologue française, Amélie de Montchalin, a dit avoir « bon espoir » qu'un accord sera possible « dans les prochaines semaines » au niveau du Coreper. Cette étape permettrait d'initier les négociations interinstitutionnelles sur une déclaration commune jetant les bases du futur exercice de consultation des citoyens européens.
Au nom de la Commission européenne, Maroš Šefčovič a vu d'un bon œil l'idée de tirer les leçons de la crise dans le cadre de la Conférence. « Notre demande est que le Conseil parvienne à une position dès que possible », a-t-il ajouté. Il a aussi évoqué les travaux en cours au sein de l'institution européenne sur la création d'une plateforme multilingue permettant d'organiser des débats en ligne.
Mardi, la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen a également débattu de la Conférence sur l'avenir de l'Europe. Les forces politiques pro-européennes ont estimé que la crise du coronavirus avait démontré l'importance de donner la parole aux citoyens dès septembre prochain.
« La Conférence est plus nécessaire que jamais », a dit Paulo Rangel (PPE, portugais). Au nom du groupe S&D, l'Espagnol Domènec Ruiz Devesa a estimé que le débat devrait aussi porter sur la capacité de l'UE, dans le cadre des règles budgétaires actuelles, de faire face à des crises sanitaires et socioéconomiques telles que celle provoquée par le coronavirus. « Le tabou d'un changement de traité n'avait pas de sens avant la pandémie, il en a encore moins maintenant », a-t-il considéré, soutenu sur ce point par Daniel Freund (Verts/ALE, allemand). Quant à Helmut Scholz (GUE/NGL, allemand), il a appelé à faire pression sur le Conseil pour qu'il prenne position.
Pressenti pour présider les travaux au quotidien de la Conférence, Guy Verhofstadt (Renew Europe, belge) a plaidé pour que les députés préparent, dans les prochains jours, un projet de résolution « ramassée et percutante » en vue d'une adoption lors de la session plénière de juin (EUROPE 12487/13).
D'autres groupes politiques ont rejeté l'idée macronienne d'organiser une Conférence sur l'avenir de l'Europe. « Nous craignons un show théâtral qui donnerait aux fédéralistes la possibilité de ne pas passer par une Convention pour octroyer plus de pouvoirs à l'UE », a dit Gerolf Annemans (ID, belge), soutenu par son compatriote Geert Bourgeois (CRE). (Mathieu Bion)