À la veille de la présentation par la Commission européenne de son nouveau projet de cadre financier pluriannuel (CFP) (voir autre nouvelle), le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé à ne pas laisser de côté la sécurité et la défense.
« La relance économique va exiger énormément de ressources, mais cela ne doit pas se faire au détriment de notre sécurité », a-t-il expliqué lors d’une audition de la sous-commission ‘Sécurité et Défense’ du Parlement européen, mardi 26 mai.
L’environnement sécuritaire est « de moins en moins sûr » et, « si on veut rester en sécurité, on ne peut pas se permettre de baisser le niveau d’ambition pour notre sécurité et notre défense », a-t-il justifié, ajoutant qu’investir dans la défense aiderait à la relance économique.
Les initiatives européennes doivent donc bénéficier du financement suffisant, notamment pour le Fonds européen de défense. « Assurer un niveau adéquat de ressources sera essentiel », a insisté M. Borrell.
Il a aussi mis en avant la mobilité militaire « qui doit rester en haut de notre agenda », espérant là aussi qu’elle soit prise en compte dans le CFP. Si la proposition initiale de la Commission était de 6 milliards d’euros, un financement de la mobilité militaire avait tout simplement disparu de la dernière proposition.
Enfin, M. Borrell a rappelé l’importance de la Facilité européenne pour la Paix, qui doit permettre de fournir des « équipements adéquats » aux pays partenaires, notamment africains. Si l’objectif initial était un fonds de 10 milliards d’euros, la dernière proposition de la Commission l'abaissait à 4,5 milliards. « Le Sahel reste une priorité à long terme pour l’UE », a d’ailleurs souligné le Haut Représentant, interrogé sur les missions PSDC de l’UE.
Nouveau commandant de force pour Irini
M. Borrell est aussi longuement revenu sur la mission EUNAVFOR Med Irini. Il a annoncé que le commandant de la force de celle-ci avait « enfin été nommé vendredi dernier ». Il devrait s’agir du contre-amiral italien Ettore Socci, qui était le commandant de force de l’opération EUNAVFOR Med Sophia. Les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE devraient d’ailleurs autoriser ce mercredi le lancement de la procédure écrite pour que la décision soit formellement adoptée.
Et alors que Malte a menacé d’apposer un veto au financement de la mission, si le pays ne recevait pas d’aide pour faire face à un afflux de migrants, M. Borrell a précisé que l’Irini était suffisamment financée pour les trois prochains mois (EUROPE 12484/5). (Camille-Cerise Gessant)