L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, lundi 25 mai, avoir suspendu « temporairement », par mesure de précaution, les essais cliniques portant sur l'hydroxychloroquine réalisés dans le cadre du programme Solidarity.
Cette décision fait suite à la publication d'une étude, quelques jours plus tôt, dans la revue médicale The Lancet. À l'analyse des données d'environ 96 000 patients infectés par le Sars-Cov-2, cette dernière jugeait inefficace, voire néfaste, le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l'hydroxychloroquine.
Dans ce contexte, l'OMS et ses partenaires ont décidé de suspendre temporairement les essais basés sur ce traitement contre le paludisme, le temps d'analyser les données déjà récoltées. Les essais menés dans le cadre de Discovery devraient également être interrompus à la suite des avis négatifs émis le 26 mai par le Haut conseil de la santé publique (HCSP) et l'Agence du médicament (ANSM) en France.
Pour l'UE, le 23 avril, l'Agence européenne du médicament avait déjà mis en garde contre le risque d'effets secondaires graves et prépare actuellement une nouvelle communication sur ce traitement. D'après les informations communiquées par la Commission européenne, ce nouveau tournant ne devrait pas altérer le futur achat public en commun de traitements innovants, dans la mesure où celui-ci est toujours au stade des discussions.
À ce stade, quatre procédures d'achat en commun dans le cadre de l'accord sur les marchés publics pour les contre-mesures médicales ont été lancées. Elles ont notamment permis au Luxembourg de passer commande pour des gants ainsi qu'à l'Estonie, la Belgique et la Lettonie de passer des commandes pour des masques et des lunettes. (Sophie Petitjean)