Lors d'un sommet virtuel, mardi 26 mai, l'Union européenne et le Japon, qui représentent ensemble un tiers de l'économie mondiale, sont tombés d'accord pour soutenir, au G7 notamment, une stratégie fondée sur des priorités communes telles que l'accès universel et à un prix abordable à des vaccins contre le Covid-19, la lutte contre la désinformation et la lutte contre le 'dumping' environnemental.
Lors d'un échange de vues d'environ une heure, le président du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre japonais, Shinzō Abe, se sont engagés à insuffler leurs priorités et valeurs à une stratégie de reprise « solide, ambitieuse et rapide », selon les termes de Charles Michel, qui s'exprimait en conférence de presse (EUROPE 12492/18).
Une vision qu'ils porteront à la prochaine réunion du G7, qui aura lieu du 10 au 12 juin prochains.
Répondre à la pandémie
Les vaccins qui permettront d'endiguer la pandémie de coronavirus doivent être considérés comme des « biens communs », a ainsi souligné M. Michel, profitant de l'occasion pour saluer l'effort financier fourni par son partenaire nippon en faveur de la recherche de remèdes et traitements (EUROPE 12479/1).
Les responsables politiques se sont aussi engagés à lutter contre les campagnes de désinformation dans le cadre de cette pandémie, un sujet sur lequel le président du Conseil européen a fortement insisté.
M. Michel a d'ailleurs souligné les risques géopolitiques attisés par la pandémie. Selon leur déclaration, la coordination doit être intensifiée pour contribuer à résoudre les problèmes régionaux sur la base du droit international, que ce soit dans l'est de l'Ukraine, l'Afghanistan, la Corée du Nord, les mers de Chine orientale et méridionale, la Libye, la Syrie ou encore le Sahel.
Poser les bases de la relance
Tous deux fermes partisans du multilatéralisme, l'Union et le Japon appelleront leurs partenaires du G7 à maintenir des échanges commerciaux sans entraves, mais basés sur des principes de réciprocité, organisés sur des règles équitables et soucieuses du changement climatique. « La décarbonation/transition verte, la transformation numérique et le cycle vertueux de l'environnement et de la croissance feront partie du programme de relance », lit-on dans la déclaration.
« Nous nous engageons à éviter une nouvelle forme de dumping environnemental », a précisé M. Michel. Les parties estiment que le commerce international doit d'ailleurs tenir davantage compte « des effets négatifs du changement climatique », a-t-il souligné, ajoutant que les parties travailleraient à réformer l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en ce sens.
Le président du Conseil européen s'est aussi engagé à se pencher, dans ces enceintes multilatérales, y compris lors du prochain G7, sur la problématique des dettes des pays en développement, notamment africains.
Ces questions seront aussi portées à l'agenda bilatéral des parties et seront réexaminées lors d'un sommet prévu à l'automne 2020 à Tokyo, si les conditions le permettent.
Voir la déclaration commune : https://bit.ly/36teDnt (Hermine Donceel avec Camille-Cerise Gessant)