Les ministres de l’Énergie des États membres sont convenus du rôle crucial des technologies énergétiques innovantes telles que les réseaux intelligents, l’hydrogène et les énergies renouvelables pour la création d’emplois, la compétitivité et la décarbonation de l’Europe dans un contexte de relance post-Covid-19, lundi 15 juin, lors d’une réunion informelle par vidéoconférence.
« Je crois que, dans le secteur de l’énergie, les solutions technologiques innovantes disponibles dans les domaines des énergies renouvelables, du stockage de l’énergie, des bâtiments intelligents ou de l’électromobilité peuvent faire un bond […] et faire tourner nos économies tout en soutenant les entreprises locales », a ainsi déclaré le ministre croate de l’Environnement et de l’Énergie, Tomislav Ćorić, qui présidait la réunion.
Rappelant les possibilités offertes par le plan de relance de la Commission européenne pour rendre le secteur énergétique plus durable (EUROPE 12496/12), Kadri Simson, commissaire européenne à l’Énergie, s’est également dite « convaincue qu’investir dans les technologies d’avenir et dans l’innovation est essentiel pour notre relance et notre résilience ».
Au cours de cette réunion, plusieurs ministres ont souligné l’importance des technologies d’intégration sectorielle intelligente, en particulier l’hydrogène, en insistant sur le fait qu’ils attendaient avec impatience les stratégies de la Commission dans ces domaines. Prévue pour le 24 juin, la présentation de ces stratégies vient d’être reportée au 8 juillet.
En ce qui concerne l’hydrogène, six États membres (l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas) et la Suisse ont d’ailleurs signé, le même jour, une déclaration commune en faveur du développement de l’hydrogène bas carbone, invitant la commission à prendre certaines mesures (voir autre nouvelle).
En outre, les ministres se sont accordés sur l’importance d’investir dans la rénovation des bâtiments, un secteur qui peut jouer un rôle clé pour la relance économique, alors que la Commission devrait dévoiler son initiative ‘Vague de rénovations’ en septembre (EUROPE 12484/16).
Lors de la conférence de presse en aval de la réunion, M. Ćorić a souligné que certains ministres avaient également mentionné la sortie du charbon « comme l’un des plus grands défis », en raison, en particulier, de son aspect social.
Plans nationaux Énergie/Climat.
Cette réunion a aussi été l’occasion pour la Commission européenne d’informer les ministres de l’état d’avancement des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) et de son programme de travail révisé.
Concernant les PNEC, Mme Simson a précisé que l’évaluation individuelle de chaque plan national par les services de la Commission ne sera disponible qu’en octobre, en raison du retard pris par rapport à la date de dépôt initiale des plans (31 décembre 2019 – EUROPE 12504/32).
Une évaluation de la situation au niveau de l’UE devrait néanmoins être publiée en septembre, en même temps que celle sur les implications d’un potentiel rehaussement des objectifs climatiques fixés pour 2030, a ajouté la commissaire.
Elle a en outre indiqué que, selon une analyse préliminaire de la Commission, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de l’UE devrait atteindre un niveau supérieur à 33% d’ici 2030 (l’objectif actuel est fixé à au moins 32%). « Toutefois, dans le contexte de la crise et de la chute des investissements dans les énergies renouvelables [EUROPE 12496/25], nous devons nous assurer que les progrès dans ce domaine se poursuivent », a-t-elle ensuite tempéré.
En revanche, sur le plan de l’efficacité énergétique, l’écart avec l’objectif actuel (améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 32,5 %) a été réduit par rapport aux projets de plans nationaux (EUROPE 12383/5 - 12277/4), mais reste important, a souligné Mme Simson. Selon la Commission, l’écart d’ambition collectif serait ainsi désormais de 3% pour la consommation d’énergie primaire et de 3,2% pour la consommation d’énergie finale pour l’UE27.
Enfin, la future Présidence allemande du Conseil a présenté son programme de travail aux ministres. D’après des informations recueillies par EUROPE, si elle a exprimé son engagement à faire avancer les discussions entre les États membres sur les quatre grandes stratégies de la Commission à venir dans le domaine de l’énergie (‘Vague de rénovations’, renouvelables en mer, intégration intelligente des secteurs et hydrogène), la future Présidence aurait surtout mis l’accent sur les stratégies relatives à l’hydrogène et aux renouvelables en mer. (Damien Genicot)